
Quarante grammes de GMQ supplémentaire par jour avec 0,12 point d'indice de consommation en moins. À la station expérimentale de Guernevez, les porcheries sans lisier soutiennent largement la comparaison avec les porcheries classiques au niveau des performances zootechniques. Quatre systèmes sont expérimentés: le raclage mécanique des fosses sous caillebotis avec séparation directe des urines, deux types de chasses d'eau, sur fonds de fosse plat ou ondulé, et un gisoir drainant (les déjections sont récupérées dans des drains par des fentes dans le béton).
Moins de gaz
"Avec 807 grammes de GMQ de moyenne, sur trois ans, les porcheries bénéficiant du raclage mécanique en "v" permettent de meilleurs résultats", affirme Brigitte Landrain, responsable de la station. Le raclage des parties solides est effectué toutes les 7 heures en début d'engraissement. La fréquence s'accroît progressivement (toutes les deux heures avant le départ à l'abattoir). Les urines s'écoulent directement et sont évacuées de la porcherie. Cette séparation directe de phases, dans la préfosse, explique la faible concentration en gaz dans la porcherie. "Ce type d'évacuation des lisiers frais permet d'obtenir les plus faibles concentrations et émissions d'ammoniac et de protoxyde d'azote dans les salles d'engraissement". 43% d'émission d'ammoniac (NH3) en moins, (différence entre entrée et sortie d'air), et 36% de protoxyde d'azote (NO2) par rapport aux porcheries classiques avec lisier stocké. 25% et 18% en moins respectivement pour la concentration dans les salles en NH3 et NO2. La différence de toux et d'éternuements par rapport aux autres salles sans lisier n'est pas significative. Cependant, les notes de pneumonies y sont plus faibles, ce qui laisse supposer un meilleur état sanitaire. Une ambiance agréable dans les salles qui se traduit par de bonnes performances zootechniques en croissance et en indice de consommation. "Aucune différence de qualité de carcasse ni de taux de perte n'est, par contre, enregistrée".
Les systèmes de chasse d'eau ne sont pas aussi performants en terme de concentration de gaz dans les salles. "Elles sont actionnés toutes les quatre heures. Il n'est pas possible de réduire l'intervalle de temps car le traitement (centrifugeuse, traitement biologique, filtration membranaire dans un cas et tamisage, lombrification dans l'autre) avant récupération des eaux, serait perturbé".
Bernard Laurent
Photo : Système mécanique de raclage en "v"