Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Méthanisation / Inauguration chez Alain Guillaume à Plélo (22) de la première unité agricole bretonne
 

Pas peu fier de lui, Alain Guillaume. Cela fait six ans que sa réflexion sur la création d'une unité de méthanisation à la ferme a débuté. C'était dans le cadre d'un séjour en Allemagne, pour découvrir la filière, déjà en compagnie du délégué régional de l'Ademe Gilles Petitjean. Depuis, les étapes ont été nombreuses avant d'aboutir, avec parfois des délais d'attente élastiques. Au final, l'unité du pionnier est aujourd'hui en marche et bien en marche. Après des travaux supplémentaires dus à un souci de porosité révélé en 2008, l'installation est à nouveau entrée en fonctionnement en avril, pour atteindre son plein régime en juillet. C'est l'aboutissement d'une longue démarche pour l'agriculteur et ses partenaires multiples (Aile, AEB, Méthafrance...).


Électricité et chaleur


Il s'agit, à Plélo, de la première unité agricole de Bretagne. Elle est individuelle. Deux types de substrats y sont utilisés : des matières agricoles (2 800 t de lisier, 100 à 700 t de cultures dérobées) et des sous-produits d'IAA (1 000 à 1 600 tonnes). En résulte, après le passage dans l'unité et ses digesteurs, la production de 510 000 m3 de biogaz par an. Un précieux gaz qui sert à produire de l'électricité d'une part (1 170 MWhe/an), et de la chaleur d'autre part (1 280 MWhth/an), pour chauffer la porcherie, la maison d'habitation, le digesteur... et peut-être, à l'avenir, d'autres maisons grâce à un réseau de chaleur. L'autre produit sortant de l'unité est le digestat. Sa teneur en azote est inchangée par rapport aux effluents de départ. L'installation en sortira 4 200 m3 par an, épandus sur les terres de l'agriculteur et de prêteurs (90 ha au total).


Une réponse au Grenelle


Aspect important pour l'acquisition de subventions : l'efficacité énergétique (c'est-à-dire la valorisation du biogaz) de l'installation est très bonne, supérieure au 65 % de taux minimum pour solliciter un soutien public. "Et, appuient les partenaires, l'unité évitera l'émission annuelle de 410 tonnes de CO2, ce qui correspond à 170 voitures parcourant 20 000 km/an. Dans un contexte de lutte contre l'effet de serre, de développement des énergies renouvelables et de valorisation des déchets, la méthanisation est une réponse pertinente qui s'inscrit pleinement dans les objectifs du Grenelle de l'environnement."


Un soutien à la truie


Alain Guillaume y voit, lui, une façon de consolider son exploitation, porcine avant tout (170 truies NE). "Le projet va pérenniser mon exploitation, surtout dans le contexte actuel tourmenté. En Allemagne, nous avions pu voir qu'une unité de méthanisation pouvait dégager un soutien, à la truie, de 300 à 500 euros." Pour l'heure, les recettes annuelles estimées de l'unité sont chiffrées à 200 à 240 000 euros. Ses frais d'exploitation s'élèvent à 110 à 130 000 euros par an. Le temps de retour brut, après déduction des aides (lire hors texte) est estimé à 7 ans.


Coup d'accélérateur


Pour la filière méthanisation en général, l'aboutissement d'Alain Guillaume représente un coup de booster. "C'est une étape de franchie : les agriculteurs ont la preuve, par l'exemple, que cela fonctionne", se félicite Armelle Damiano, en charge de la filière biogaz au sein de l'association Aile. Et des coups de booster, la filière en a besoin. Les durées nécessaires à la réalisation de projets sont en effet beaucoup trop longues. De quoi en décourager plus d'un. Un aspect sur lequel les politiques s'accordent. Présent à l'inauguration de la station d'Alain Guillaume, vendredi 2, le préfet de Région Michel Cadot a d'ailleurs proposé de faire le point, au cas par cas, sur l'ensemble des dossiers en cours en vue d'alléger les procédures si possible. Ce, tout en précisant que la méthanisation ne sera pas l'unique solution à l'enjeu énergétique. C'est une pierre à l'édifice.

Anne-Laure Lussou






 


850 000 euros investis


Le total de l'investissement se chiffre à 853 000 euros. La SARL Gazéa, c'est son nom, a reçu au titre de subventions publiques et autres contributions : 118 400 euros de l'Ademe, le même montant du Conseil régional et du Conseil général, 15 000 euros du Syndicat départemental d'électricité des Côtes-d'Armor. La plupart de ces aides résulte du Plan Biogaz Agricole 2007 – 2009, dans le cadre duquel une dizaine de projets en Bretagne a bénéficié à ce jour d'un soutien financier de l'Ademe, du Conseil régional, des Conseils généraux et de l'Europe.






Légende : Alain Guillaume (au micro) expliquant sa démarche aux politiques et partenaires de son projet

 



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Octobre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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