
Quelques semaines après la rentrée, l’Iréo de Lesneven fait les comptes : 350 jeunes et adultes sont inscrits pour l’année scolaire. « La progression est de 3 % pour les effectifs scolaires. La situation est plus contrastée dans les formations adultes sachant que le contexte actuel incite moins les entreprises à signer des contrats de professionnalisation », observe Jacques Corre, président de l’établissement. Et d’insister sur le fait que « l’essentiel des jeunes et adultes sont inscrits dans des filières de production et de gestion ». Une orientation qui est vue par l’établissement comme une marque de confiance dans les métiers de l’agriculture, pilier de l’économie départementale.
S’ouvrir sur le monde
En tout cas Jacques Corre est convaincu « qu’avec le contexte actuel, la formation prend de plus en plus d’importance, notamment en gestion », en référence aux cours agricoles qui nécessitent une maîtrise rigoureuse des coûts de production. « Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes doivent être de mieux en mieux formés, de plus en plus ouverts sur un monde qui bouge beaucoup et vite. Voyager aide à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons ».
C’est dans ce sens de l’excellence dans la formation et de l’ouverture qu’œuvre au quotidien cette école d’agriculture du Nord-Finistère. « Avec des succès à la clé. À commencer par les résultats aux examens : 90 % de réussite en juin dernier, soit 10 points de plus que la moyenne régionale. Et surtout, une bonne insertion professionnelle liée à la pédagogie de terrain développée par l’institut », commente René Abgrall qui quitte ses fonctions de directeur. Un directeur qui n’en porte pas pour autant les lauriers de cette réussite. « Il y a trois raisons à ce succès. Tout d’abord, la motivation de ceux qui sont en formation ; c’est le moteur essentiel de la réussite. Deuxième facteur, la qualité de l’équipe pédagogique qui est qualifiée et expérimentée. Enfin, la troisième raison du succès tient à la pédagogie de l’alternance qui allie théorie et pratique ».
La capacité de rebondir
Dominique Zupan, nouveau directeur depuis le 28 septembre, entend poursuivre dans le sillon tracé « par cet outil de formation très largement reconnu au service du territoire et de la profession agricole ». La continuité donc, tout en innovant pour se préparer aux changements, comme l’Iréo a toujours su le faire. « Notre mission est toujours d’anticiper, notamment en lien avec l’avenir de l’agriculture et du territoire. Avec cette nécessité d’être à l’écoute de la profession pour mieux répondre à son attente », conclut le nouveau directeur qui croit en la faculté des hommes à rebondir.
« Je viens de l’Isère, une région où, il y a quelques années, le monde rural se disait condamné. Nous avons beaucoup travaillé sur le renouvellement et l’adaptation des activités pour les inscrire dans le nouvel environnement économique et sociétal. Et je puis vous dire que l’on a fait des choses ; que des projets ont germé ». Une leçon d’optimisme pour une Bretagne en pleine phase de questionnement…
D. Le Du
Changement de directeur
René Abgrall et les Maisons familiales, c’est 44 ans de « vie commune ». Entré en 1965 comme élève à la MF de Morlaix, il devient moniteur dans ce même établissement avant de faire un break de 2 ans pour reprendre une formation d’ingénieur. « 11 enfants, 11 ha : il est évident que mes parents n’avaient pas les moyens de me payer des études. La formation continue était la seule façon pour moi de poursuivre », raconte celui qui, après avoir été responsable des différentes formations à l’Iréo de Lesneven, est devenu directeur en 1999.
Depuis le 1er octobre, Dominique Zupan a pris les rênes de l’établissement. Ingénieur agronome formé à Rennes, il était auparavant directeur de l’Afrat, un centre de formation et de ressource pour le développement et le tourisme rural, dans l’Isère.
Légende : De gauche à droite : René Abgrall, ancien directeur ; Jacques Corre, président ; Dominique Zupan, nouveau directeur.