Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Groupama Loire-Bretagne / "Nous privilégions la proximité et les innovations"
 

En quelques années, Groupama Loire-Bretagne s'est développé. Quel poids représente l'agriculture ?


L'agriculture représente 25 % du chiffre d'affaires soit un poids significatif, malgré notre croissance sur d'autres marchés. Elle reste l'une de nos préoccupations essentielles et mobilise nos efforts comme l'illustre la mise en place du produit Référence, primé au Space. Par des produits nouveaux, nous accompagnons la diversification des risques agricoles. En Bretagne, nous sommes un acteur majeur avec environ 65 % de part de marché. Le nombre d'agriculteurs diminue, mais la masse assurable reste au même niveau. Plus l'exploitation s'agrandit, plus le besoin en assurance augmente. Le chef d'exploitation identifie mieux ses besoins de couverture en assurance, qu'il s'agisse, par exemple, de la perte de marge brute ou des indemnités journalières.  


Plusieurs secteurs agricoles sont en crise. Comment le ressentez-vous ?


Pour l'instant, un nombre limité de sociétaires ont des difficultés de paiement. C'est en partie lié aux appels de primes réalisés en début d'année. La fin de 2009 et le début de 2010 montreront les difficultés réelles. Notre stratégie s'appuie sur des interventions au cas par cas, chez les sociétaires en difficulté. Compte tenu du coût de la dernière tempête Klaus et du poids de l'agriculture dans notre chiffre d'affaires, une "année blanche" n'est pas possible. Nous privilégierons le cas par cas en nous appuyant sur nos échelons locaux pour bien cerner les dossiers. Notre objectif est d'informer et d'accompagner l'agriculteur en difficulté pour limiter la non-assurance et faire en sorte qu'il conserve la couverture "vitale" de ses biens de production. 


Malgré ce contexte, vous proposez des innovations ?  


2009 est une année de rénovation complète de l'offre agricole, au travers notamment de Référence, la nouvelle multirisque professionnelle agricole. Les toits se couvrent, par exemple de cellules photovoltaïques, ce qui entraîne des risques et des responsabilités nouvelles. Nous avons analysé toutes les activités pour mieux les accompagner. Notre objectif est de faire du sur-mesure, car les sensibilités sont différentes par rapport aux risques, aux tarifs, aux franchises. 
De nouveaux produits, comme Fiscal expert, permettent de faire face aux problèmes fiscaux et sociaux liés à une forte indemnisation. Nous avons aussi lancé le produit Titane, repris au niveau national. Il permet plus de modularité en distinguant la couverture du tracteur de celle du matériel tracté. 


Vous avez d'autres chantiers en cours ?


Nous avons regroupé tous nos gestionnaires de sinistres à Landerneau, car l'agriculture est de plus en plus complexe, sophistiquée et pointue. Plus on est spécialisé, mieux on accompagne. La gestion électronique des documents sera bouclée en novembre prochain, pour la quasi-totalité des tâches. Vis-à-vis du client, nous avons la capacité, quelle que soit l'entrée (agence, téléphone, sinistre) d'avoir une vision globale du dossier et de donner une réponse, même si la personne qui répond n'est pas le gestionnaire direct du dossier. Nous avons plus de réactivité, de fiabilité et de productivité tout en maintenant la nécessaire confidentialité.                                                                                                                                                                                                         


L'activité de banque se développe-t-elle ?


Nous avons une forte croissance (+65 % sur les 8 premiers mois) de Désirio, crédit à la consommation. Au niveau des comptes bancaires (plus de 60 000 clients), notre stratégie n'est pas d'en ouvrir systématiquement mais d'apporter un service, une solution de financement dans de bonnes conditions. Cela nous permet aussi de travailler à armes égales par rapport à nos concurrents.   


L'assurance-récolte est en pleine évolution ?    


Le dispositif date de 2005 avec une forte implication de Groupama qui occupe 90 % du marché. Le système sera modifié en 2010, avec une subvention équivalent à 65 % de la prime, financée par l'Union européenne et la France. Le sinistre sera couvert à partir de 30 % de perte, avec une franchise de 25 %. Quand l'agriculteur remplira sa déclaration Pac, il cochera une case d'acceptation  des subventions de cette assurance. Ses cotisations devront être à jour début novembre et le versement de l'aide sera assuré en mars suivant. L'agriculteur doit donc faire l'avance de trésorerie. 
L'élément nouveau est également l'arrêt depuis le 1er janvier 2009 de l'indemnisation des grandes cultures dans le cadre du Fond National de Garantie des Calamités Agricoles. Ainsi, une culture  de maïs-fourrage, de haricots ou autre légume, victime de sécheresse, par exemple dans le sud Morbihan ne recevra aucune aide publique si l'agriculteur n'est pas assuré. Si l'assurance récolte a, jusqu'à présent, peu concerné la Bretagne, la situation pourrait changer, notamment dans les exploitations d'élevage. Le coût (de l'ordre de 15 à 20 euros/ha) dépendra du type de culture et du risque lié à la situation géographique. La décision est à prendre en début de campagne, avant semis. La garantie portera sur une quantité/ha (à partir des rendements moyens des années précédentes) et un prix. Ces choix sont déterminés dès la souscription.


Où en est l'assurance-revenu ? 


Le mot revenu est impropre, il faut parler plutôt de chiffre d'affaires car les charges sont variables d'une exploitation à l'autre. L'agriculteur s'assure pour un produit/ha compte tenu de ses charges. Ce mécanisme nécessite un instrument pour piloter les prix. Il est à mettre au point car le marché à terme est jugé trop spéculatif. L'assurance-revenu figure dans les intentions de l'Etat. Il doit, auparavant conforter l'assurance-récolte qui n'a pas obtenu l'accord de réassurance publique. Nous travaillons également sur l'assurance fourrage (2 années d'expérimentation à blanc) pour mettre au point le produit qui réponde à la demande des éleveurs de bovins. Nous sommes convaincus que l'assurance est le meilleur mécanisme pour gérer les risques à long terme.

Propos recueillis par Patrick Bégos


Photo : Jean-Luc Baucherel, président de Groupama Loire-Bretagne et de Groupama national et Christian Cochennec, directeur général.


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Octobre 2009
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