Jeudi 24 septembre dans une ambiance tendue, acheteurs et vendeurs n’ont pu s’accorder sur un prix de retrait. Dès lors les groupements vendeurs ont refusé la vente. Ils s’appuyaient sur les informations qui annonçaient une stabilisation des autres marchés européens en fin de semaine, et notamment du marché allemand, directeur dans la fixation du prix en Europe.
Effectivement la cotation allemande est restée stable vendredi, par contre le marché espagnol a cédé 3,5 centimes. Lundi 28, les groupements vendeurs avec un catalogue de plus de 58 000 porcs (reports de jeudi et apports du lundi) n’ont pu résister à une demande de baisse de 3 centimes. La moyenne de marché s’est soldée par une baisse de 2,8 centimes ramenant le prix du porc à 1,112 euro.
Les raisons invoquées restent les difficultés à l’export. Les concurrents mondiaux affichent des prix extrêmement bas, largement en dessous d’un euro. De meilleures garanties bancaires pourraient sans doute permettre de mieux se comporter sur ces marchés, mais à quel prix, sans un réel accompagnement de l’Europe ?
Menaces pour l’emploi
La section porcine de la FRSEA juge la situation inacceptable pour les éleveurs. « La France ne peut pas continuer à être le pays le mieux-disant en termes d'exigences sanitaires, environnementales, sociales et fiscales et le moins-disant en terme de prix ». Elle estime que les éleveurs de porcs se sentent tout simplement abandonnés par les pouvoirs publics. Et met l’accent sur les conséquences pour l’ensemble de la filière. « Au-delà des 300 éleveurs menacés, ce sont aussi 35 000 emplois directs non délocalisables de la filière porcine bretonne qui sont en péril ».
Faute d’avoir de la lisibilité sur le prix, la section porcine réitère ses demandes de restitutions et du stockage privé. Et pour la trésorerie des éleveurs, une année blanche au niveau des charges.
Un ensemble de mesures conjoncturelles, qui ne doivent cependant pas occulter les distorsions de concurrence qui placent la filière bretonne dans une crise structurelle, en défaut de compétitivité par rapport à ses partenaires européens. Le syndicalisme réclame en outre au gouvernement des outils réglementaires permettant aux producteurs de s'organiser et de gérer de façon collective leur production.
Pierre Dénès