
Le hasard du calendrier a voulu que la FNSEA fasse l’annonce d’une forte mobilisation le 16 octobre au même moment où des concurrents syndicaux décidaient de stopper leur mouvement de grève du lait. Une action à laquelle la FNSEA s’est opposée sur le principe, sans réussir à trouver une réponse syndicale à ses adhérents qui sur le terrain ont rejoint les grévistes. Positif, le leader de la FNSEA admet que « la FNSEA a pu être quelque peu touchée dans certains départements très laitiers ». Mais, il n’est pas du genre à regretter. Il ne reconnaît pas d’impact positif à la grève du lait. Selon lui, il n’y a de cause à effets entre la grève et la tenue d’un conseil des ministres européens exceptionnel le 5 octobre.
Un syndicalisme responsable
Le conseil fédéral du 24 septembre, qui regroupe l’ensemble des présidents de fédérations départementales et régionales, n’a donc pas remis en cause la stratégie syndicale de la FNSEA. « La FNSEA demeurera ce syndicat responsable », confirme Jean-Michel Lemétayer. Il admet que « certains des présidents avaient besoin d’être confortés ». La présence au conseil de Bruno Le Maire qui a « repris à son compte les revendications du syndicalisme majoritaire en faveur d’une nouvelle régulation », selon le leader de la FNSEA, a dû en consoler quelques-uns. Mais celui-ci « doit aller bien au delà que la défense de la seule régulation dans le secteur laitier », prévient le responsable agricole.
Pour Jean-Michel Lemétayer, les événements récents « inter- rogent sur la manière dont la FNSEA est capable de communiquer sur ses engagements ». tout se résumerait à un problème de communication. En ligne de mire : l’accord sur le prix du lait du 3 juin. « Nous n’avons pas su l’expliquer », a-t-il conclu. Il compte sur « une forte mobilisation » le 16 octobre pour reprendre l’initiative d’un point de vue syndical.
Les revendications de la FNSEA et des JA
• À court terme
- L’obtention d’une année blanche ;
- L’obtention d’une exonération sur la taxe carbone ;
- La réduction du coût du travail pour faire face aux distorsions sociales ;
- L’obtention du remboursement de la Tipp (carburants) et de la Ticgn (gaz naturel) ;
- Faire sanctionner les comportements abusifs dans les pratiques commerciales ;
- Arrêter les contraintes franco-françaises (sont entre autres visées les Bcae) ;
- La tenue des engagements sur les retraites.
•Sur le long terme
- Remettre la régulation au cœur de la Pac ;
- Lutter contre les distorsions de concurrence sur les moyens de production ;
- Développer des outils pour gérer les risques ;
- Trouver une place conséquente pour l’agriculture dans le grand emprunt.