Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Diversité génétique / Le 1er Armoricain in vitro est né
 

Les nouvelles technologies au service des races anciennes. Eost, « la récolte de l’année », comme le traduit son propriétaire, Dédé Morin, de Plouigneau, est le premier veau éprouvette de race Armoricaine. Conservé bien au froid pendant 10 ans, l’embryon issu de Roland, un taureau né en 1959, et de Babette, une vache née en 1986, participe aux actions de conservation de la race.


Des paillettes de 50 ans retrouvées


Tout commence il y a une vingtaine d’années, quand Laurent Avon, de l’Institut de l’élevage, téléphone aux centres d’insémination de Plounévézel et de Locminé qui, « par miracle », retrouvent respectivement des doses de 8 et 6 taureaux Armoricains au fond de leurs bonbonnes. « Dont Martono, né en 1954 », indique ce spécialiste des races anciennes. Plus tard, des paillettes de deux autres taureaux seront retrouvées au CIA de Rennes.
Dans le prolongement de cette découverte inédite, une enquête, s’appuyant sur les inséminateurs et les groupements de défense sanitaire, permet de recenser 47 femelles armoricaines réparties dans 18 élevages. Avec cette difficulté que de nombreuses vaches étaient très âgées. Sans compter que ces dernières représentantes de la race appartenaient souvent à des éleveurs proches de la retraite, très méfiants compte tenu de ce qui s’était passé avec la Pie Rouge des Plaines.
Après bien des déboires, trois éleveurs ont accepté de réinséminer les vaches de race pure qu’il leur restait avec de la semence retrouvée. Dans la foulée, de nouveaux éleveurs se sont intéressés à l’Armoricaine dont les effectifs étaient tombés à 20 femelles en 1990.
Aujourd’hui, l’objectif du syndicat des éleveurs est de remplacer progressivement les vieux taureaux, dont certains ne sont représentés que par quelques doses, par des fils. La signature d’une convention par l’Institut de l’élevage, le musée de la Bintinais de Rennes et l’Urcéo se traduit entre autres par le prélèvement de taureaux Armoricains en station. Dont le tout dernier Diaolig, un petit diable, issu d’un taureau né en 1954, qui se trouve actuellement à la station de Saint-Aubin-du-Cormier. Dans quelques semaines, il devrait rejoindre la station de Plounévézel pour y être prélevé. Ce qui portera à une quinzaine le nombre de taureaux disponibles pour les éleveurs.

Didier Le Du


Photo : Eost est né chez Dédé Morin, à Plouigneau. La mère de ce 1er veau Armoricain né de transplantation embryonnaire est une vache Blonde d’Aquitaine croisée Montbéliard. Ce jeune mâle est à vendre…





20 000 doses en stock

L’Urcéo considère que la préservation des races bretonnes à faible effectif fait partie de sa mission d’intérêt collectif. C’est dans ce dessein, que la coopérative s’est engagée à reconstituer un stock de semence de taureaux Armoricains. « Avec le dernier rentré en station, cela porte à six le nombre de jeunes taureaux prélevés depuis la signature de la convention », indique Jean-Pierre Rohou, responsable de la station de Plounévézel qui comptabilise 20 000 doses de taureaux armoricains stockés dans les bonbonnes du CIA. « En moyenne, nous prélevons l’équivalent de 3 000 doses par taureau », précise-t-il.



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Octobre 2009
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