
Le 24 septembre, l’Apli et l’EMB annonçaient « la suspension de la grève du lait ». Lundi 5 octobre, l’Apli, la Coordination Rurale et l’UDSEA reprennent le pot au lait en organisant une grève de la jauge. Une action destinée à faire pression sur Bruxelles où se tiendra une réunion informelle des ministres européens de l’agriculture. Une réunion ardemment souhaitée par Bruno Le Maire, mais qui ne devrait déboucher sur aucune décision si l’on en croit les propos de Mariann Fischer Boel.
Cette annonce de la commissaire européenne faite en milieu de semaine conduira l’Apli et l’EMB à redoubler la pression. « On le constate encore une fois : Bruxelles est dans un train libéral. Nous, nous faisons sauter les rails et attendons que Bruno Le Maire remette les rails dans une autre direction », illustre Vincent Pennober, porte-parole de l’UDSEA, tout en fustigeant « les responsables bretons qui, il y a quelques mois, sont allés dire à Bruxelles que 240 euros/1 000 litres était suffisant ».
« La vie des communes rurales en question »
Ne manquant pas d’arguments pour montrer que « l’industrialisation de la production laitière ne marche pas », Vincent Pennober poursuit son infatigable lutte pour défendre « les modèles familiaux, type « 300 000 litres et 50 ha » basés sur l’herbe. Ces modèles sont économiquement via-bles, ils contribuent à préserver l’environnement et participent à l’aménagement du territoire ».
La manifestation de lundi qui se déroulera devant les mairies de chefs-lieux de cantons « mettra justement l’accent sur la vie économique rurale ». D’où cet appel aux mairies à fermer leurs portes de 11 h à 15 h. « Dans le Sud-Finistère, 11 mairies sur 16 de la communauté de communes Cocopaq (Quimperlé) ont déjà annoncé qu’elles soutenaient le mouvement. D’autres suivront ».
« Nous appelons la population à se joindre aux producteurs qui retireront leur jauge du tank dès le dimanche soir pour bloquer la collecte », poursuit Jean-Michel Favennec, représentant l’EMB, en espérant un fort engouement des producteurs pour « ce mouvement non violent, sans conséquence financière sur les exploitations puisqu’il s’agit simplement de retarder la collecte ». Et Michel Hascoët, représentant l’Apli, de conclure : « Nous restons unis. Le seul combat qui vaille, c’est de gagner la bataille du lait. Quitte à être les derniers de mohicans, nous ne voulons pas vivre l’exemple du porc qui est une catastrophe économique et financière ».
Didier Le Du
Photo : Nouvelle action de l’Apli et de l’EMB : la grève de la jauge est annoncée pour lundi.