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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°9925 |
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Finistère (29)
Syndicalisme / Grève du lait - FDSEA et JA parlent
 

Absent du paysage médiatique pendant toute la durée de la « grève du lait », le syndicat majoritaire revient sur le devant de la scène. « En tant que responsables professionnels, nous ne pouvions pas demander aux producteurs déjà en situation difficile de se couper un bras, c’est-à-dire de fragiliser leur trésorerie. Autrement dit : nous n’avons pas été contre, mais nous n’avons pas incité », coupe court aux spéculations politico-syndicales, Jean-Marie Mingam, président de JA 29. Tout en reconnaissant que « l’impact médiatique des actions a été profitable à tous. Mais des milliers de paysans se sentent oubliés car la crise n’affecte pas que le lait ».


« Pas des moutons »


Mais de là à recevoir à la figure que la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs n’ont pas bougé le petit doigt, ce sont des propos que les leaders finistériens rejettent avec force. « Il suffit de relire les rapports d’orientation de nos assemblées générales des années précédentes », justifient-ils, en citant moult exemples où ils ont « tiré la sonnette d’alarme ». Et pas seulement en production laitière, insistent les responsables des bureaux de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs.
Reste que sur le dossier laitier qui a été sous les feux de l’actualité, Serge Le Doaré, de la section laitière FDSEA, estime que « les demandes de l’Apli étaient utopiques » (NDLR : 400 euros/1 000 litres). Sans pour autant qu’il se satisfasse de l’accord du 3 juin. « Le Finistère est le seul département à avoir dénoncé l’accord. Nous ne sommes pas des moutons qui s’alignent derrière Jean-Michel Lemétayer. Pour autant, attribuer la faute de la crise actuelle au syndicat majoritaire apparaît un raccourci que nous n’acceptons pas. La responsabilité incombe aux pouvoirs publics qui ne nous écoutent pas ».


Une réponse : les organisations de producteurs


Pour les deux syndicats, la réponse au malaise du marché laitier passe par les organisations de producteurs (OP). Exit, la première mouture de la contractualisation qui, selon les responsables finistériens, serait définitivement abandonnée. « Nous voulons mettre en place des OP qui pourraient se regrouper en AOP (association d’OP) pour retrouver un pouvoir de négociation face aux industriels, aux GMS », explique André Quénet, secrétaire général de la FDSEA. Et d’ajouter : « Les AOP auront tout leur rôle pour gérer les volumes.  Nous n’aurons plus des laiteries qui permettent de produire + 2 % et d’autres + 10 % ».
Le 7 septembre dernier, les partenaires du Conseil de l’agriculture finistérienne (Caf), qui réunit le syndicalisme majoritaire et les organisations économiques, se sont mis d’accord pour approfondir la « possibilité de mettre en place des OP et AOP dans toutes les filières, et ce, en complémentarité avec l’interprofession ».
Les bureaux des deux syndicats rappellent en effet que toutes les filières sont frappées par la déstabilisation des marchés. Et si François Plougastel pointe du doigt « l’erreur monumentale d’avoir   introduit l’agriculture dans les accords de l’OMC », les responsables veulent aussi des réponses aux distorsions de concurrence au sein de l’Europe.


La chasse aux distorsions


À ce propos, Philippe Quillon, président de la section légumes, cite le coût de la main-d’œuvre de 11 euros en France contre 6 euros dans d’autres pays (7,30 euros en Belgique). « Nous ne pouvons pas être compétitif », dit-il, avant de mettre en avant des distorsions au cœur même de la France. « Vous avez les endiviers du Nord de la France qui peuvent percevoir 692 euros d’aide en allègement de charge pour des contrats d’insertion alors que c’est impossible dans le Nord-Finistère ».
Bref, le vieux serpent de mer de l’harmonisation fiscale, sociale, mais aussi environnementale, reste d’actualité. « À laquelle il convient d’ajouter les taxes Borloo et carbone qui viennent peser encore davantage sur les producteurs français ».
Enfin, les professionnels fustigent aussi les charges sans cesse croissantes. « Jusqu’en 2005-2006, il y avait une certaine corrélation entre charges et prix de vente. Aujourd’hui, le décrochage est de 10 points », calcule Emile Riou, président de la section porcine. Et François Plougastel d’assurer : « Nous irons à la chasse des hausses dans toutes les organisations avec lesquelles nous travaillons ».


Didier Le Du


Photo : A l’issue d’une réunion des bureaux des principales productions, les responsables des deux syndicats ont tenu une conférence de presse.



 




 


 


Future loi de modernisation


La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Finistère comptent beaucoup sur la future loi de modernisation de l’agriculture (LMA). Ils espèrent qu’il en sortira un « texte ambitieux pour une agriculture moderne, dynamique et durable ».
Cette nouvelle loi a été annoncée en février dernier par le président, Nicolas Sarkozy. Si le calendrier est respecté, ce projet de loi doit être déposé avant la fin de l'année.
L'objectif est de « tracer de nouvelles perspectives pour l'agriculture, l'alimentation et le secteur agroalimentaire français » afin de préparer la réforme de la Pac de 2013.
Pour autant, les deux syndicats n’entendent pas tout attendre de l’État. « Nous comptons sur nos propres forces vives pour défendre le revenu du producteur et faire en sorte que ce dernier ne soit pas un simple livreur ».



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Octobre 2009
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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