La « grève du lait » a été fortement relayée par les médias. C’est au moins un point de satisfaction pour les organisateurs. Les participants ont été nombreux traduisant, le désespoir de la profession. La collecte n’a pas été trop perturbée puisque selon FranceAgrimer (ex Ofival), pour la semaine du 14 à 20 septembre, elle a été inférieure de 11% à celle de la même semaine en 2008. Cependant, en Bretagne, le déficit constaté était plus fort avec -18%. La question est maintenant se savoir si le mouvement trouvera une porte de sortie « honorable » après avoir nourri beaucoup d’espoir. Il n’est jamais facile de terminer une grève. Les organisateurs, après avoir reconnu les avancées obtenues par Bruno Le Maire ont donc suspendu les actions en attendant les résultats incertains – si l’on se réfère aux propos de la commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel - du conseil informel des ministres de l’Agriculture qui se réunira le 5 octobre. Le président de la République, lors d’une récente interview télévisée a rappelé que les avancées obtenues par Bruno Le Maire constituaient « un bon travail » mais « ce n’est que le début d’un combat puisque c’est toute la politique agricole commune qui doit être rebâtie sur de nouvelles bases ». Lueur d’espoir : du côté des marchés, depuis juin, on observe une reprise mondiale des cours du beurre et de la poudre. En Nouvelle-Zélande, le cours du beurre a augmenté de 10% par rapport à juin, à 1485 euros/t contre... 2300 euros/t en Europe. Et si la Chine se « réveille » comme le montrent certains indicateurs... la tendance pourrait s’inverser. Le monde stable de l’économie laitière européenne appartient au passé, dépourvu de ses instruments de régulation. Sauf, si volonté politique de les réinventer.