
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le problème des algues vertes a lourdement pesé sur la réunion visant à officialiser le contrat de bassin versant du Gouëssant. L’avis du comité scientifique qui renforce ceux qui accusent l’agriculture comme principal responsable du phénomène «algues vertes» (voir page 15) et aussi les événements de l’été les rangeant dans une dimension de santé publique ont des conséquences sur les comportements.
Yvette Doré, maire d’Hillion a un temps laisser entrevoir qu’elle ne signerait pas le contrat, avant de se raviser. Mais, en y mettant les plus grandes réserves. Elle juge l’adhésion des agriculteurs aux mesures, non contraignantes, et n’imposant pas une réduction drastique des taux de nitrates. Sa signature n’engage d’ailleurs sa commune que jusqu’au 31 décembre, dans l’attente des décisions de la mission interministérielle sur les algues vertes qui, elle l’espère, durcira le ton.
De leur côté, Gérard Le Mével, vice-président du Conseil régional, et Loïc Raoult, vice-président du Conseil général, ont largement abondé dans le sens d’Yvette Doré, eux aussi attentifs aux décisions de la mission interministérielle. Egalement très critiques sur la 4e directive nitrates qui doit évoluer, notamment au niveau des dates d’épandages.
700 exploitations concernées
Des agriculteurs chahutés même si cela s’est déroulé à mots feutrés, alors qu’à l’origine ce sont les agriculteurs qui ont initié le contrat. Yves-Marie Beaudet, responsable du Comité professionnel agricole, a expliqué comment à partir de la démarche conduite sur une partie du bassin, « Le Haut Gouëssant » avec des résultats probants, elle a pu être élargie.
Ce programme d’action dans le domaine agricole reprend des dispositions pour préserver et remettre en état la rivière, le bocage et les zones humides, ainsi que pour poursuivre la réduction de flux de pollution issus des activités (phosphore, nitrates, pesticides). Il concerne plus de 700 exploitations agricoles sur un territoire de 42600 ha (70 % à vocation agricole) et 26 communes.
Le budget global de l’opération est estimé à 2,7 millions d’euros sur une période de 4-5 ans, subventionné à 70 % par l’agence de l’eau, la Région et le département.
Pierre Dénès
Photo : Yves-Marie Beaudet, Responsable du Comité professionnel agricole sur le BV du Gouëssant.