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Finistère (29)
LAIT / Mobilisation des producteurs - Une semaine charnière
 

Depuis vendredi dernier, les actions menées par l’Apli, la Confédération paysanne, la Coordination rurale et l’EMB se sont multipliées sur le Finistère. Le
déversement de lait à Pont-de-Buis-lès-Quimerc’h a manifestement été un facteur déclenchant de la mobilisation.
Toute la semaine, des opérations se sont succédé sur le département. À commencer par le blocage de l’usine Entremont de Carhaix qui a failli mal tourner avec l’affrontement des producteurs « pro-grève » et « anti-grève ». Lundi, c’était au tour de l’usine d’Entremont Quimper d’être « filtrée » par des producteurs qui ont déferlé sur Quimper avec une centaine de tracteurs. Puis, le mardi, il pleuvait une mer de lait sur Landrévarzec, avant que le même scénario ne se renouvelle en soirée à Guiclan. Cette mobilisation nord-finistérienne ayant réuni quelque 1 000 personnes et une cinquantaine de tracteurs pour un épandage nocturne. Fin de semaine, d’autres épandages étaient programmés, entre autres sur Bannalec, tandis que des réunions « asyndicales » se tenaient çà et là sur le département.
Recul sur la contractualisation ?
Au bilan de cette « semaine blanche », des millions de litres de lait déversés ; des producteurs inquiets pour leur trésorerie et souvent désabusés face à l’immobilisme des « décideurs ». Aucune réponse concrète n’ayant été apportée par la puissance publique française ou européenne après plus de 10 jours de grève. Sauf cette annonce du ministre qui demandait à la FNCL de revoir sa copie sur la contractualisation. « La vraie victoire, c’est celle-là », estimait, mardi dernier, un producteur à une réunion de l’Apli, organisée à Scaër. Et d’ajouter : « A ce que je sache, c’est à nous qu’appartient le lait que nous produisons. On ne va quand même pas laisser les autres décider pour nous ».
Au-delà de cette déclaration du ministre qui séduit de nombreux producteurs de lait, il n’y avait pas grand-chose de concret en milieu de semaine. Même si, du côté des animateurs du mouvement, on tablait sur « d’importantes avancées dans les quarante-huit heures » (NDLR : c’est-à-dire pour la fin de cette semaine), comme l’a formulé à plusieurs reprises Jean-Michel Favennec, président de l’OPL 29 (Coordination rurale).
Toujours est-il que, dès mercredi, le mouvement européen EMB invitait à durcir le mouvement au travers du lancement de nouvelles actions de protestation de « grande ampleur dans 8 pays ». Les responsables annonçant « des manifestations monstres avec l’intervention de tracteurs et le soutien de divers représentants du secteur agricole ».
Un mouvement pour quel résultat ?
La véritable question à se poser dans les jours à venir : Les producteurs seront-ils les grands gagnants de ce mouvement ? Dans  l’euphorie de l’instant, certains pensent que oui. « Un grand mouvement de la base s’est enclenché ». « La hiérarchie a été bousculée ». « Plus rien ne sera comme avant ! », entendait-on ici et là lors des épandages ou des rassemblements des derniers jours.
C’est aux résultats que les producteurs de lait seront néanmoins amenés à juger. Et comme en politique, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », il faut attendre les faits. Rien que les faits… C’est-à-dire un prix du lait durablement à la hauteur de l’attente des éleveurs.
 
Didier Le Du


 


Photo : « Spectaculaire », « désolant », « émouvant », etc. : les termes forts ne manquent pas pour qualifier les opérations de déversement qui, incontestablement, marquent les esprits.







S’inspirer des autres productions

Diminuer la production, et après ? La réduction des volumes de lait produits en Europe ne se traduirait pas forcément par une remontée des prix, comme le laissent parfois croire certains propos de tribune. L’exemple de la viande bovine illustre malheureusement cette réalité.
Depuis 2003, l’Union européenne est devenue déficitaire en viande bovine du fait notamment d’un recul de la production. Cette situation a été largement induite par la politique des quotas laitiers et par les mesures de conditionnalité déjà largement présentes dans la réforme Agenda 2000. Le découplage des aides, lié à la réforme de 2003, a ajouté une couche supplémentaire. Le déficit de l’Union européenne s’est encore creusé.
Résultat : d’un excédent de 250 000 tonnes dans les années 90, l’Europe est devenue déficitaire de plus de 250 000 tonnes ouvrant grand les portes aux importations facilitées par l’OMC. Pour autant, les prix à la production n’ont pas augmenté. C’est même le contraire qui s’est passé. En vache de réforme, ils sont encore à un niveau très bas, comme le relatent les analyses de marchés. À cela au moins deux explications : pour qu’il y ait du prix, il faut de la consommation ; un prix trop élevé attise les importations. Ce qui est vrai pour la viande bovine l’est tout autant pour les autres productions… y compris le lait.



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Septembre au 1 Octobre 2009
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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