
Il est des temps où n'importe quelle bonne nouvelle apparaît un peu fade. C'est un peu ce qui se passait, mardi 22 à Boquého, lors de l'assemblée générale de Terralliance, le groupement d'employeurs départemental créé voilà trois ans. Ouvrant la réunion, le président Jean-Yves Milbeau a commencé par faire part de son soutien aux mouvements de colère qui secouent actuellement le monde laitier et paysan au sens large.
Le rapport d'activité a, ensuite, fait état de la situation de la structure : au 22 septembre, 44 embauches ont été enregistrées, ce qui correspond à 30,5 équivalents temps plein (ETP), soit à un peu plus que l'objectif fixé à l'origine : 30 ETP créés en 3 ans pour pouvoir atteindre l'autofinancement et se passer des subventions du Conseil général. Autrement dit : mission accomplie, pour Terralliance. Pour autant, ont réagi les administrateurs comme la direction, "l'autofinancement, ça ne suffit pas. Il faut développer la structure pour la consolider". En attendant, 73 exploitations agricoles sont devenues adhérentes en 2008. Elles bénéficient donc d'un renfort de main d'œuvre qui s'avère souvent, à l'usage, indispensable. Porc, lait et aviculture : les 3 productions sont représentées, mais le secteur bovin est devenu majoritaire en 2008, à la place du porc en 2007.
Situations variées
Jeltje Algera, exploitante à Plouisy est de ces producteurs là. Avec deux autres exploitations laitières du secteur, elle s'est arrangée pour créer un groupement qui embauche un salarié (l'ancien stagiaire de l'un deux). Les lundi et mardi, le salarié travaille sur la première exploitation, le mercredi sur le deuxième, et les jeudi et vendredi sur la troisième. Un fonctionnement qui peut varier si besoin. À la clé, la satisfaction est générale, ceux qui souhaitaient prendre des vacances le peuvent, et la formule permet de tisser des liens entre les exploitants. Pas négligeable.
À Plouagat, Annette Crézé vit une expérience un peu différente. À la tête d'une exploitation porcs et vaches allaitantes, son mari étant en retraite, elle a embauché un salarié en commun avec une exploitation de Bégard. Il se trouve que ce salarié est… son fils, qui souhaite s'installer à l'avenir sur l'exploitation. Autrement dit, c'est un démarrage progressif pour l'employé. Mais pour autant, au quotidien, pas de sentiment : "il a des horaires fixes, comme tout salarié. S'il veut s'atteler à un projet particulier en dehors de ses heures, c'est de son ressort", explique l'agricultrice, qui insiste sur l'importance de bien répartir les rôles, entre exploitant et salarié, dès le départ. Pour Terralliance et sa directrice Sylvie Clech-Ropers, "si ce schéma est moins courant qu'un autre, il a tout son intérêt".
Anne-Laure Lussou
Photo : Le salarié Mickaël Alexandre, le président Jeau-Yves Milbeau, la directrice Sylvie Clech-Ropers et le trésorier Eric Rault lors de la présentation des résultats.