
Fin 2008, la Bretagne comptait 1057 exploitations en agriculture biologique, en progression de 9,1 % par rapport à l’année 2008. En tête la production légumière avec 357 exploitations, la filière laitière avec 259 exploitations, les œufs (143 élevages), le porc (37 élevages).
En franchissant le seuil symbolique des 1000 exploitations bio en 2008, la Région affirme donc ses ambitions. Mais on est encore loin des 20 % de surfaces bio espérées pour 2020. Car si la moitié des communes bretonnes compte au moins une ferme bio, il faudra multiplier par dix les surfaces actuelles pour atteindre le seuil des 20 % . Selon les GAB et la FRAB, plusieurs facteurs expliquent cette évolution favorable : le plan Barnier qui a fixé les objectifs et dégagé les moyens, les marchés qui restent attractifs, la valorisation et la valeur ajoutée des produits.
Cette progression engage aussi le réseau des Chambres d’Agriculture en relation avec les autres partenaires de la bio à mettre des moyens pour la production et la diffusion de références. « Fini l’opposition entre la bio et le conventionnel », explique Jo Pennors, élu de la Chambre régionale. Il parle au contraire de complémentarité et d’addition de compétences. L’objectif est aussi de répondre au mieux aux évolutions des marchés et à la demande sans brûler les étapes.
Une démarche globale
Le 1000e agriculteurs bio de Bretagne se situe à Plusquellec, au Centre Bretagne. Alain Moysan, s’est installé seul en1997 en production de poules pondeuses reproductrices, puis en lait après la reprise de l’exploitation de ses beaux parents en 2006. En 2007, il remplace l’atelier lait par un atelier de vaches allaitantes (transformation de son quota et en droits à primes).
Nouveau tournant puisqu’il a décidé de convertir l’atelier bovin et les 71 ha en bio. L’atelier volaille suivra en 2010 et deviendra de la poule pondeuse. Cela devrait aussi permettre le retour sur l’exploitation de Valérie, son épouse.
Sa démarche est globale, il l’inscrit dans la volonté d’autonomie de l’exploitation, la préservation de l’environnement en utilisant moins d’intrants, ainsi que d’être un acteur du développement durable. Sans oublier évidemment la qualité de vie avec le retour prévu de l’épouse sur l’exploitation.
Pierre Dénès
Photo : De gauche à droite, Jo Pennors, Valérie et Alain Moysan, Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d’agriculture.