
Les achats de viande fraîche de dinde par les ménages ont progressé de 2,3 % sur les 8 premiers mois de 2009, alors que les produits élaborés ont une croissance ralentie (+1.9 %)", souligne Gilles Le Pottier, du Cidef. Toutefois, la comparaison des prix de vente au détail selon les circuits de distribution montre que les GMS ont maintenu leurs prix et conforté leurs marges. "Compte tenu de la baisse des coûts en amont, on aurait pu imaginer une répercussion sur les prix de vente au détail".
Ralentissement des mises en place
Côté offre, les tendances restent à la baisse de la production. Les tonnages abattus reculent de 7,6 % au premier semestre 2009. Les mises en place s'élèvent à 1 135 000 dindonneaux/semaine contre 1 250 000 en 2008 soit une baisse de 9,2 %. Cette baisse s'explique par les difficultés rencontrées à l'exportation, qui absorbe encore 15 à 20 % de la production française.
Après deux années de difficultés, l'évolution est également favorable du côté des performances en élevage. "Les animaux sont plus lourds tout en ayant un indice de consommation comparable", poursuit G. Le Pottier. Le taux de mortalité baisse de 0,7 % et les saisies sont plus faibles. Ce qui entraîne une hausse de la marge PA (Poussin-aliment) des éleveurs.
Graisses animales et OGM
Il reste plusieurs chantiers à mener pour accroître la compétitivité de la viande de dinde. "Les graisses animales ont été réintroduites dans les aliments dindes, mais il faut encore faire évoluer les cahiers des charges des GMS et de la restauration collective qui pour la plupart maintiennent une alimentation à 100 % végétale". Autre dossier, celui des OGM, avec le risque de pénurie dans l'approvisionnement en soja destiné à l'alimentation animale dans l'UE dès lors que l'Europe bloque à ses frontières toutes les cargaisons de produits contenant des traces d'OGM non homologués. Un nouveau projet doit être présenté par la Commission.
La filière s'interroge également sur "le format" d'animal à retenir pour l'avenir. Faut-il comme d'autres pays européens privilégier des souches lourdes ? L'intérêt technique est bien réel mais il faut en contrepartie prévoir des investissements dans les outils français d'abattage et de découpe prévus pour des dindes medium. Le bien-être est également un dossier qui mobilise la filière avec la création d'un consortium européen pour progresser dans la recherche. "Il faut viser les bons paramètres et faire en sorte que l'ensemble des pays européens aillent dans le même sens", déclare G. Le Pottier.
Protéger le marché du frais
La protection du marché français et communautaire passe par une définition stricte des produits frais de volailles. Des produits décongelés, importés d'Asie ou d'Amérique, sont présentés au consommateurs comme étant des produits frais. En avril dernier, les Etats-membres ont donné un avis favorable au projet de modification des normes, présenté par la Commission. Le Parlement a donné son aval, mais le Conseil des ministres de l'Agriculture tarde à adopter ce projet.
Patrick Bégos
Photo : Malgré l'augmentation de la consommation, la filière reste prudente sur les mises en place, compte tenu des difficultés à l'exportation
Former les jeunes consommateurs
La filière a également travaillé avec l'animateur TV Jamy Gourmaud pour créer un kit de présentation simple et ludique de l'histoire de la dinde, pour les enfants de CM1 et CM2. Commandé par de nombreuses écoles primaires, ce kit est un atout pour intéresser les acheteurs de demain.