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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°9902 |
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Porc / Une filière en plein désarroi - 10 à 15 % des éleveurs directement menacés
 

Selon Fortuné Le Calvé, le président du Comité régional porcin (CRP), et Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), « il faudrait 3 ans à 1,35 euro du kilo de porc avec le prix de l’aliment du moment pour rétablir la situation ». On en est loin, puisque depuis le début de l’année le cours de porc se situe en moyenne cadran à 1,20 euro (8 mois). Et depuis le début septembre, les baisses se succèdent, la dernière cotation du lundi 21 septembre est de 1,14 euro.


Patriotisme économique


L’inquiétude est grande, car sans doute pour la première fois, le bassin de production français et donc breton fait figure de maillon faible. « Les éleveurs ont perdu 23 centimes par kilo en 2007/2008. Jamais les groupements de producteurs n’ont mis autant de moyens financiers pour soutenir les éleveurs », expliquent les responsables. Techniquement les producteurs restent performants. Mais la France doit supporter des distorsions de concurrence sociales, environnementales … qui mettent à mal sa compétitivité. Cela est également vrai au niveau de l’abattage. Michel Bloc’h souligne que « le différentiel de main-d’œuvre entre un abattoir français et allemand est de 5 euros par porc, ce qui représente 150 000 euros par semaine pour un abattoir moyen ». D’autres distorsions liées aux coûts du transport sont également mises en évidence.
Le constat ne suffisant pas, les responsables tannent les pouvoirs publics pour s’attaquer à ces distorsions. Mais savent aussi qu’elles ne s’aplaniront pas toutes dans l’immédiat. Ils souhaitent faire de la grande distribution un allié et les invitent à travailler prioritairement du porc français. « Un peu de civisme et de patriotisme économique en mettant en valeur la qualité de la production française, sur ses atouts sanitaires, sur l’environnement ».


Un plan de cessation


Quant aux éleveurs en  grande difficulté, les responsables plaident pour un plan de cessation, totale ou partielle, de l’activité. « Pour leur permettre de quitter dignement le métier et faire en sorte qu’ils gardent au moins leur maison d’habitation », explique Fortuné Le Calvé. Il sait que cette proposition est loin de faire l’unanimité. Certains y voient une concentration supplémentaire de la production, d’autres une perte de potentiel de production pour la région. D’autant que le nombre des éleveurs asphyxiés ou en voie de l’être avoisinerait 10 à 15 %, soit entre 400 et 500 producteurs.
Autre combat, celui du poids du maillon production dans la filière. De nouveau, UGPVB et CRP militent pour une part plus importante de la production au marché (MPB). Ils vont prendre leur bâton de pèlerin pour aller convaincre les groupements qui n’apportent pas ou peu à être plus représentés sur le catalogue. « Nous visons 90 000 à 100 000 au lieu des 60 000 actuels. Ceci dans l’intérêt des éleveurs, et surtout pas contre les abattoirs ».

Pierre Dénès


 


Photo : Fortuné Le Calvé, président du CRP, et Michel Bloc’h, président de l’UGPVB


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Septembre au 1 Octobre 2009
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