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LAIT / Pour contrecarrer la volatilité des prix - Oui à la libéralisation des échanges ?
 

La Commission Européenne serait-elle dans le vrai ? La libéralisation progressive des échanges serait-elle la meilleure solution pour contrecarrer la volatilité des prix ? "C'est effectivement la meilleure solution", affirme Alexandre Gohin. "Les quotas de production et la contractualisation ont des avantages mais trop d'inconvénients".


Quotas et coûts des reprises


"Un monde sans aléas. La vie dans une bulle". C'est ainsi que le chercheur de l'Inra qualifie le confort des quotas de production. Loin de la réalité du marché mondial. "Les quotas ont deux avantages. Ils peuvent contribuer à une augmentation rapide des prix, à condition que la protection aux frontières soit suffisamment efficace pour limiter les importations. Ils permettent, en outre, une bonne répartition sur le territoire". Les inconvénients dépassent, selon lui, les avantages. Les rentes de situation, ainsi créées, augmentent artificiellement le coût des reprises et pénalisent les jeunes, sauf si le système perdure indéfiniment. La production est figée. "À terme, la production européenne peut devenir marginale. La capacité d'influence politique se réduit. La recherche et l'innovation également". Le système Canadien (gestion de l'offre, contrôle des importations), envié par certains producteurs, est soumis aux décisions politiques. "Difficilement viable à long terme. Et surtout, pourquoi limiter les quotas à la seule production laitière ?"


Le piège de la contractualisation


Contractualiser le volume et le prix. La formule est à la mode. Qui sait vraiment ce que ce terme sous-entend ? Sur quelle durée, par exemple, les contrats porteront-ils ? "Les producteurs veulent de la lisibilité. Compte tenu de la variabilité des marchés, jamais les industriels ne s'engageront à payer un prix, pour un volume donné, sur des durées à moyen ou long terme, susceptibles de couvrir l'amortissement des investissements". Comment fixera t-on un prix neutre entre producteurs et industriels ? Sur quelle référence ? Le système Américain donne une partie de la réponse. "Les transformateurs ont proposé des contrats aux éleveurs pour une partie de leur production. Le reste se retrouvant sur un marché "spot", censé donner une référence pour le prix des contrats. Les industriels ont fait pression à la baisse sur ce marché "spot". Au final, les éleveurs sont perdants". Les industriels français, coopératives ou privés, aux mix-produits différents, arriveront-ils à se mettre d'accord sur un prix ? Et les producteurs, même réunis en organisation professionnelle, s'entendront-ils, compte tenu des différences de coût de production entre régions ou entre systèmes de production ? Le chercheur en doute. Au rayon des inconvénients, Alexandre Gohin cite aussi la complexité des contrats, aux multiples clauses, qui peuvent se révéler des pièges pour les agriculteurs. Les possibilités de rupture, dans un sens comme dans l'autre. L'autonomie perdue, chère aux producteurs.


Libéraliser : oui, pour le consommateur


Alexandre Gohin défend le libre-échange : "système le plus approprié pour réguler la variabilité des marchés" et pourfend les politiques interventionnistes des gouvernements qui, par leurs décisions conjoncturelles, empêchent toute lisibilité des marchés à terme. Il considère néanmoins l'intervention publique comme bénéfique si elle se situe au niveau mondial. "Des stocks mondiaux peuvent s'avérer intéressants dans une optique de stabilisation des prix mondiaux et non de soutien des prix régionaux". Un stock, géré par un organisme international, qui permettrait de maintenir un prix dans une fourchette définie, reflétant les conditions du marché.
Un système idéal qui, n'en déplaise au chercheur, présente quelques inconvénients de taille. Le prix serait probablement plus proche des 200 euros aux mille litres que des 400 euros. Plus proche également du système Néo-Zélandais, au faible coût de production, qui permet, certes, de proposer un produit bon marché au consommateur, mais qui accentue la diminution du nombre de producteurs. Ce système libre-échangiste ne vaut, de plus, que si tous les pays l'appliquent. Les États-Unis, pour ne citer qu'eux, n'y sont pas favorables. L'Union européenne, ancien grand méchant loup protectionniste, semble sur cette voie. À moins que les producteurs ne réussissent à infléchir sa tendance libérale.
 
Bernard Laurent


 


Photo : Alexandre Gohin, économiste, directeur de recherche à l'Inra.


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Septembre au 1 Octobre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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