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Licencié de chez Doux à 52 ans / Didier Le Bouhart se reclasse dans l'agriculture
 

En décembre 2008, l'usine Doux de Locminé ferme ses portes. Un coup de massue pour les 451 employés. Didier Le Bouhart et sa femme en font partie. "Nous avons appris, au mois de juillet 2008, à la radio, la fermeture prochaine de notre entreprise. Nous étions en vacances à La Mongie". Le retour à Bignan (56) est difficile. "Avec encore un de nos trois enfants à charge, il nous fallait rebondir". Positif et volontaire, mais peu enclin à retourner à l'usine, Didier recherche tous azimuts. À 52 ans, pas facile de se reclasser. "C'est une voisine agricultrice qui m'a dit que le secteur agricole embauchait. Elle m'a transmis un numéro du Paysan Breton. Les annonces d'offres d'emploi en exploitation m'ont convaincu". Deux visites, en élevage de porc et en exploitation laitière, lui permettent d'avoir un aperçu du métier. "Je n'étais jamais entré dans une porcherie. Les "à priori" sur les odeurs ou la pénibilité ne m'ont pas rebuté. Et la dinde à l'usine, ça sent aussi…". Les encouragements des éleveurs, qu'il ne connaissait pas, à poursuivre dans cette voie, le rassurent. "L'un d'entre eux m'a fortement conseillé de me former au centre de Kérel (56), avant de postuler".


Difficile de trouver un stage


Dans le même temps, à l'automne 2008, l'association Emploi Formation du Morbihan organise des visites d'exploitations pour les futurs licenciés de l'usine Doux. Lors de ces visites, Didier conforte ses impressions sur le monde agricole. Pas désagréable. Le contact avec l'animal semble lui plaire. Le porc plutôt que la vache. "Moins de risque de prendre un coup de pied", dit-il en souriant.
En février 2009, il débute une formation de porcher au centre de Kérel. "Les cours théoriques ont été difficiles. Pas facile de reprendre le rythme de l'école". Trouver un stage non plus. "Pourtant, s'ils veulent recruter, les éleveurs ont intérêt à ouvrir leurs portes et à accepter des stagiaires". En fin de formation, en septembre, Didier s'accordera deux semaines de vacances pour digérer son aventure, avant de se présenter chez un employeur. "Ma femme a trouvé un travail et, pour ma part, je suis confiant même si je ne me sens pas encore totalement autonome sur un poste de porcher".

Bernard Laurent


Photo : Didier Le Bouhart a travaillé 35 ans à l'usine, avant de suivre une formation de porcher







Une vaine opération de séduction

60 salariés sur les 451 licenciés ont participé à une réunion d'information organisée par l'Association Emploi Formation dans les locaux de l'entreprise Doux à Locminé avant la fermeture de l'usine. Jean-Claude Foucraut, président de l'AEF 56 et des salariés, ayant une expérience professionnelle hors agricole antérieure, ont évoqué les métiers de l'agriculture. 25 salariés, sur les 60, ont visité deux exploitations (lait et porc), à la suite de cette réunion d'information. 3 sont entrés en formation. Selon la Maison de l'Emploi de Locminé, quelques-uns, essentiellement des techniciens de maintenance, ont trouvé un travail directement en ferme sans faire de formation. Le bilan de l'opération, pour le milieu agricole, qui manque de main-d'œuvre, n'est pas très positif. Les anciens salariés sont au chômage ou dans une autre usine. Les préjugés sur la pénibilité et les horaires de travail sont tenaces. Autres raisons invoquées: les salariés de l'agroalimentaire doutent de la pérennité des emplois agricoles compte tenu des plaintes des producteurs sur la situation économique de leurs exploitations. Beaucoup d'anciens salariés de l'agroalimentaire, habitués à des tâches très cadrées, craignent les responsabilités et les imprévus sur de nouveaux métiers. Les formations théoriques sont également un frein.


 



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Septembre au 1 Octobre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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