En plein Space et sur fond de crise laitière, Nicolas Sarkozy a prononcé la phrase « qui tue » lors d’une rencontre à l’Élysée avec des députés UMP : "Avant on faisait un chèque à la FNSEA quand il y avait un problème et la FNSEA distribuait ce chèque (aux agriculteurs) et au final, on se faisait retoquer par l'Europe". La réponse de Jean-Michel Lemétayer ne s’est pas fait attendre. Le « raccourci » verbal était risqué : la mauvaise phrase au mauvais moment ou une façon de signifier que les relations entre le syndicalisme agricole et l’État changeait ? Bruxelles ferait donc si peur après les amendes infligées à la France pour différentes entraves à la libre concurrence ? Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, qui connaît particulièrement bien le fonctionnement de la maison Europe a lui aussi déclaré, à maintes reprises, qu’il ne ferait rien contre Bruxelles et cela dès sa prise de fonction. Pour bouger les lignes il a donc préféré travailler de l’intérieur. Régulation : tout d’abord en renforçant les liens avec l’Allemagne qu’il connaît particulièrement bien. Et aussi en tentant de réunir une majorité de pays autour d’une proposition franco-allemande sur la base des outils qui existent. En se rendant en Pologne, lundi dernier, il a ainsi obtenu de Varsovie le ralliement du dix-septième pays avant de partir voir les Italiens et ainsi obtenir la majorité qualifiée . Contractualisation : le dossier est complexe car « la peur de l’inconnu, c'est l'appréhension du connu défiguré par l'imagination ». Bruno Le Maire a donc parlé d’ « accords » avec les industriels « sous le contrôle » des pouvoirs publics, afin de « garantir un revenu stable ». Un régulateur national pourrait voir le jour et des accords fixés par la loi. La loi du marché devra cohabiter avec La loi de l’État.