
200 à 300 producteurs se sont réunis, vendredi dernier, à Pontivy à l'appel des organisations adhérentes à l'EMB : la Coordination Rurale et l'Apli. Plusieurs producteurs ou de responsables syndicaux se sont exprimés pour dénoncer la politique libérale européenne. Ainsi Jean-Yves Guillaume, de la Coordination Rurale fustigeait l'attitude des décideurs. "Le point de collecte moyen dans le département est aujourd'hui de 330 000 litres. La volonté politique est de le porter à 500 000 litres en 2015 et à un million de litres en 2020". De quoi satisfaire les industriels collecteurs mais pas les agriculteurs, "dont le nombre diminuera rapidement".
La peur de la contractualisation
Stéphane Le Cadre, producteur à La Vraie Croix, s'inquiète de la contractualisation. "Le quota place le producteur au cœur du système. Avec le contrat c'est le transformateur qui tirera les ficelles. La crise est un alibi pour l'imposer". Noël Rozé, producteur à Caro, y voit un moyen pour les industriels d'assurer leur volume de production, en aucun cas un moyen d'assurer un revenu aux éleveurs. Les responsables du syndicat qualifient la promesse de mensonge d'un prix à 272 euros des milles litres. "Il atteindra rapidement les 200 euros si rien n'est fait. Les laiteries qui paient le moins serviront de référence pour toutes les autres".
Des adhérents de l'Apli ont également pris la parole pour inciter à la grève du lait, relayant les propos de Pascal Massol, l'un des leaders du mouvement. Les producteurs présents parlaient de "dernière chance", de "volonté d'aller au bout". Une réelle détermination qui devra tenir dans le temps et être partagée par de nouveaux grévistes, français et européens.
Bernard Laurent