La grève du lait est lancée, et selon Laurent Kerlir, interrogé en début de semaine, les producteurs français qui l’ont entamé se retrouvent seuls. "À force de discours incantatoires et de raisonnements simplistes, les organisations françaises de l’EMB, après l’avoir reportée de mois en mois depuis mai, étaient contraintes à la mettre en place. Les voisins européens membres de l’EMB affichent leur soutien du bout des lèvres mais n’appellent pas à la grève, au prétexte d’une loi anti-cartel allemande. En mai 2008, la grève du lait a eu lieu en Allemagne, loi ou pas".
Pour le responsable syndical, la grève est peu suivie. "La réalité est cruelle pour cette présumée solution miracle : les producteurs allemands, belges et hollandais n’y croient pas et savent les dégâts qu’elle a provoqué l’année dernière".
Reprendre la main
Le souhait d’une vraie régulation est partagée par la quasi-totalité des producteurs. La FDSEA lutte pour le maintien des outils de régulation "contre vents et marées" mais ne met pas l’ensemble de ses espoirs dans un hypothétique revirement européen. "Nous construisons d’autres outils basés sur l’organisation des producteurs pour reprendre la main sur la première mise en marché de notre production".
La FDSEA du Morbihan ne se résout pas à voir des producteurs s’engager dans une forme de combat désespéré qui, selon Laurent Kerlir, les laissera endettés et affaiblis.
"Le temps est trop compté pour se permettre une division des paysans".
La FDSEA réaffirme que la grève du lait n’ouvrira aucune perspective et que les éleveurs doivent consacrer cette énergie à s’organiser collectivement pour mettre en place l’Organisation des Producteurs.