
Maryse Fleury Bougault est associée avec son frère Pascal sur une exploitation d’une centaine d’ha avec deux ateliers porc (100 truies NE) et lait (60 VL et la suite) sur la commune d’Eréac à l’Est des Côtes d’Armor. Sur l’exploitation travaillent en outre, un salarié et un apprenti.
« Je me suis installée en 2000 avec mon frère et mes parents. Ils se sont retirés progressivement de l’exploitation, en 2002 pour le père et 2006 pour la mère ». Une situation relativement classique, mais avec la particularité des conjoints respectifs des deux associés travaillant à l’extérieur.
L’organisation est bien rôdée et Maryse estime ne pas rencontrer de problèmes particuliers. « Je m’occupe plutôt de la partie élevage, traite avec le salarié et conduite de l’atelier porcin. Pascal est plus sur la partie cultures et entretien des bâtiments, du matériel... Nous assurons une garde sur deux. Et comme nous n’habitons pas sur place, nous avons aménagé un mobil home en local d’exploitation avec une partie réception, la douche et les sanitaires ». Des conditions optimisées pour le bien-être des salariés qui peuvent s’y restaurer, faire une pause et aussi pour que la vie privée n’interfère pas sur le domaine professionnel.
Quelques concessions
Pour autant, elle admet que le relationnel ne va obligatoirement de soi sur une exploitation avec des associés, des salariés. « Il faut trouver le bon équilibre. Sans doute faire quelques concessions pour éviter des conflits. Ce qui ne veut pas dire tout céder. Le caractère propre à chaque associé fait que face à une situation l’un sera plus optimiste ou plus pessimiste, plus ou moins réceptif aux remarques ou critiques ». Dans une conjoncture tendue, il faut parfois trouver les aspects positifs, dédramatiser. « On essaye d’être complémentaire, chacun dans son domaine. Les grandes décisions se prennent de façon concertée ».
Les difficultés peuvent aussi venir du relationnel avec les partenaires techniques ou économiques. « Certains qui arrivent sur l’exploitation vont directement s’adresser à l’homme et pas à la femme. Je fais la mise au point rapidement si le sujet est de mon ressort », souligne Maryse qui revendique son statut d’associé. Les vieux clichés restent donc assez tenaces.
Le juste milieu
La présence et la gestion de salariés nécessitent également de faire preuve de diplomatie. « Avoir une certaine autorité pour se faire respecter, tout en sachant reconnaître et dire quand le travail à été bien fait ». Une reconnaissance attendue, même parfois pour des tâches jugées évidentes. Le juste milieu n’est pas forcément facile à trouver. « Entre les bonnes relations indispensables pour des personnes qui travaillent tous les jours ensemble et la distance qu’imposent les relations entre un employeur et un salarié ».
Pour Guylaine Lucas, membre du comité de pilotage « Agriculture au Féminin », une journée départementale, et des formations sont l’occasion de parler de toutes ces relations d’évoquer des problèmes communs, de relativiser des situations. Et pourquoi pas de trouver sinon des recettes, du moins des pistes pour évoluer, s’adapter aux situations.
Pierre Dénès
Photo :Pour Guylaine Lucas et Maryse Fleury-Bougault, toutes deux agricultrices, la journée Agriculture au feminin offre l’opportunité d’échanger et de partager des expériences.
>>>> Contact :
Pour renseignements et inscriptions : Valérie Alix au 02 96 79 22 12
Journée départementale le 22 septembre
La cinquième édition « Agriculture au féminin » se déroule le mardi 22 septembre 2009 autour du thème : « Les relations humaines : Clef de la réussite de nos exploitations ». Elle s’articulera autour de deux temps forts, le matin un exposé d’Alice Barthez sur « les relations humaines dans l’entreprise agricole aujourd’hui » avec des témoignages « regards croisés ». En fin de matinée, le comité fera le point sur les actions conduites en matière de formation, sur le groupe régional et sur les propositions d’actions.
L’après midi est consacrée à différents échanges avec des axes spécifiques : « Relations avec les partenaires de l’exploitation », « Construire des bonnes relations familiales et professionnelles », « Conjuguer relations familiales et professionnelles au quotidien », « Mettre en place les outils pour des relations harmonieuses et durables ».