
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi 10 septembre la mise en œuvre d'une taxe carbone sur les énergies fossiles à hauteur de 17 euros par tonnes de CO2 dès 2010. L'agriculture a consommé en 2006, 2,5 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep) d'énergies fossiles. Cette nouvelle fiscalité va donc coûter environ 130 millions d'euros par an. « Certains secteurs ont une dépendance particulièrement forte vis-à-vis des carburants, comme les transports, l'agriculture ou la pêche. Je demande au gouvernement de trouver rapidement les voies et moyens,(...) pour éviter que cette taxe ne porte une atteinte excessive à la compétitivité de ces secteurs », a précisé le chef de l’État. « Cette déclaration ne saurait nous rassurer » a réagi la FNSEA qui demande « au gouvernement de prendre dans les plus brefs délais ses responsabilités quant à la mise en place de mesures concrètes et significatives pour le secteur agricole ».
10% d’augmentation de la facture des maraîchers sous serres
Les serristes seront les plus touchés par la taxe. Dans la plupart des pays européens où une fiscalité environnementale a été mise en place, des compensations pour les productions sous serres ont été prévues. En France, la consommation énergétique de la production légumière représente 30% des consommations globales agricoles. Selon l’Ademe, en maraîchage, l’énergie représente en moyenne 22 % des charges de production directes des exploitations de cultures sous serres chauffées. La taxe carbone pourrait donc entraîner une hausse du coût de l’énergie comprise entre 10% (pour les productions sous serres chauffées au gaz naturel) et 15% (pour les tunnels chauffés au fioul lourd). Dans un secteur aussi concurrentiel que les fruits et légumes – comme en témoigne la récente crise de la filière –, une telle augmentation des coûts de production constitue un désavantage compétitif important.