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Légumes industrie / Haricots et flageolets - Nouveau plan d'attaque contre la sclérotiniose
 

La sclérotiniose, ennemi juré des haricots et flageolets bretons, frappe encore lourdement cette année du fait de l'humidité du mois d'août. "En Bretagne, quasiment aucune parcelle n'est épargnée", a précisé Bernard Le Delliou, du service technique d'Unilet, lors d'une journée "Légumes industrie", le 10 septembre à la station expérimentale de Kerguéhennec (Bignan). Et depuis l'arrêt du fongicide Ronilan DF, maîtriser le champignon est devenu beaucoup plus difficile. Conçu par Unilet et BASF, un outil de prévision du risque lié à la parcelle a été utilisé pour la première fois sur cette campagne 2009, seulement en Bretagne pour le moment. La grille de décision intègre des éléments comme l'ancienneté des dégâts, la zone climatique, l'usage de l'irrigation… Les précédents sur 10 ans sont aussi pris en compte. "Les sclérotes peuvent rester viables 7 à 10 ans dans le sol".


Plus onéreux


A cette prédiction avant semis, il faut bien sûr ajouter un suivi poussé en culture pour décider des actions à mener. "Le climat entourant la floraison, l'état de la végétation (azote, densités, écartement, verse…) influent sur l'intensité de la maladie". En cas de risque fort, une protection renforcée sera à envisager. "Par exemple, trois traitements phytosanitaires pourront être effectués, associés à des mesures de prophylaxie (utilisation du Contans WG, rotations…). Les produits phytosanitaires disponibles, utilisés en association, permettent d'obtenir des résultats proches de ceux du Ronilan DF. Le programme complet reste toutefois plus onéreux", compare Bernard Le Delliou.
Il précise que la réussite du programme dépend surtout du positionnement du premier traitement (Topsin 500 SC 1,6 L + Switch 0,8 kg ou Pictor Pro 1 kg) : tôt avant l'apparition des aiguillettes (1 cm). "Les trois traitements (T2 = même que T1, puis Pictor Pro 1 kg en T3) devront être rapprochés : 8 jours entre les traitements en haricots et 10 jours en flageolets. Une bouillie d'au moins 200 L/ha doit être utilisée. Un adjuvant peut avoir un effet positif", ajoute le spécialiste. De même, l'irrigation devra être réalisée avant de traiter. Précision : "il vaut mieux réduire le nombre d'irrigations (1 fois 25 mm, plutôt que 2 fois 15 mm par exemple)".
Quand la sclérotiniose a été présente sur une culture, des mesures doivent être engagées au plus vite. "Du Contans WG doit être appliqué et mélangé avec les résidus contaminés. Le mieux est de réaliser un semis sans labour à suivre". Utilisé depuis 6 ans en Bretagne, le Contans WG affiche des résultats satisfaisants. "De plus, en cas de sclérotiniose dans une parcelle, les cultures à risques (carotte, céleri) sont à éviter pendant au moins 4 ans".


Localisation de l'engrais starter


Lors de la journée technique, les avancées en matière d'engrais starter en localisé au semis sur haricot ont été exposées aux producteurs et techniciens présents. La pérennité de cette pratique, très généralisée, fait parfois l'objet de questionnements du fait du coût des engrais et de la plus forte pression environnementale. Côté rendement, cette pratique est favorable dans 90% des cas. Il n'est donc sans doute pas opportun de la supprimer. "Mais la réduction de dose de phosphate d'ammoniaque classique peut être une voie intéressante (inférieure à 100 kg)", précise Daniel Hanocq de la Chambre d'agriculture de Quimperlé.
Et d'ajouter : "La qualité de la localisation de l'engrais prime, tant par rapport à la ligne de semis (3 cm sur le côté, 3 cm en dessous de la graine) qu'au niveau de la régularité sur la longueur du rang". Les produits microgranulés (moindres apports de phosphore) ne représentent pas une solution très intéressante, car leur effet reste inférieur à celui du 18-46 classique pour un coût supérieur.

Agnès Cussonneau


Photo :Bernard Le Delliou, du service technique d'Unilet (premier plan), lors de la journée "Légumes industrie" le 10 septembre à Bignan.




Céréales et légumes testés à Kerguéhennec

La station expérimentale de Kerguéhennec (réseau régional des Chambres d'agriculture de Bretagne) s'étend sur 54 ha et emploie trois salariés permanents, auxquels se joignent plusieurs partenaires (Inra, Cemagref, Uopli, Unilet…). Les essais portent sur des cultures céréalières et légumières (épinards, haricots verts, flageolets, grosses carottes). Les ingénieurs travaillent aussi sur les couverts végétaux : variétés pouvant simplifier le travail du sol, non préjudiciables à la culture qui suit (développement de sclérotinia, de botrytis…).



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Septembre 2009
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