
La baisse des surfaces de 1,6 % par rapport à 2008 n’y a rien changé : la récolte de céréales s’avère excellente. Elle dépasserait son record de 2004. « Le volume et la qualité de la récolte sont satisfaisants », a indiqué Rémi Haquin, président du conseil spécialisé « Céréales » de FranceAgriMer. L’office estime la moisson de blé tendre à 37,5 Mt ( 37 Mt en 2008). Le rendement moyen atteint 76,3 q/ha contre 73,2 q/ha en 2008. « 52 % des blés sont de qualité supérieure, de classe 1 ou E », selon Monique Meizels, chef du service des bases d’information économique. « La qualité de la récolte est adaptée à tous les besoins », a-t-elle précisé.
Signaux baissiers sur le marché mondial
Il n’empêche. Cette moisson abondante s’annonce difficile à écouler. A plus de 130 euros/t début juillet, le cours du blé tendre rendu Rouen ne cesse quasiment de baisser depuis le 20 juillet. Le 9 septembre, il descendait à 113 euros/t. Le marché français répond aux signaux baissiers du marché mondial. Avec une récolte évaluée fin août par le CIC (Conseil international des céréales) à 662 Mt et des stocks correspondant à presque trois mois et demi de consommation, la planète ne va pas manquer de blé. « Nous savons que le Maghreb, notre client numéro un, a fait une plus grosse récolte que l’an dernier », a par exemple souligné Rémi Haquin. Pour l’instant, le blé français a surtout réussi à trouver sa place sur le marché égyptien.
L’atout qualité devra être mis en avant. Pour Michel Ferret, chef du service « Marchés et études filières » de l’office, « cette année encore, il va y avoir un problème de protéines au niveau mondial ». Les Etats-Unis et le Canada sont confrontés à une moindre disponibilité en blé en haute teneur en protéines, qu’il s’agisse de blés HRW ou SRW. Dans l’Union européenne, les blés allemands devraient également voir leur taux de protéines diminuer, à 12,3 ou 12,4 % contre 13,5% en 2008. Reste que pour Rémi Haquin, à 11,3 %, le taux de protéine des blés français est « probablement un peu faible car l’azote était cher ». Point positif tout de même : les pays de la mer Noire ne devraient avoir que 30 Mt à exporter contre 37 Mt en 2008/2009.