
Trois mesures devraient contribuer à la relance de la production de protéagineux, sur le territoire français : la sécurisation de l'aide spécifique protéagineux, le nouveau soutien à la production de protéines végétales et les mesures agro-environnementales.
Sécurisation de l'aide existante
Dans le cadre communautaire, l'aide de 55,57 euros/ha de protéagineux est maintenue jusqu'en 2011 inclus pour le pois, la féverole et le lupin doux avec les conditions habituelles sur les dates de semis et de récolte. La surface maximale garantie au niveau communautaire est de 1 648 000 ha (810 000 ha en 2008 dont 157 000 ha en France).
Nouvelle aide protéines
Le plan protéines, décidé au niveau français, prévoit une aide supplémentaire de 40 millions d'euros par an. Les productions concernées sont les protéagineux (pois, féverole et lupin doux) ainsi que les nouvelles surfaces de légumineuses fourragères notamment la luzerne non déshydratée. Le but est de réduire la dépendance des systèmes de production animale aux matières premières importées.
Pour y avoir droit, les cultures doivent être semées avant le 31 mai et la récolte réalisée après le stade de maturité laiteuse. Il n'y aura pas de formulaire spécifique à remplir, cette aide étant directement liée aux surfaces déclarées. Le montant de l'aide sera calculé en fonction des surfaces de protéagineux et de légumineuses fourragères et ne devrait pas être connu avant la récolte. Les surfaces récoltées en 2009 étant de 190 000 ha, l'objectif est de monter en puissance entre 2010 et 2012 pour atteindre 400 000 ha en 2012.
De 100 à 150 euros/ha
Selon les hypothèses, le montant de l'aide serait de l'ordre de 150 euros/ha en 2010 (hypothèse 270 000 ha) à 100 euros/ha en 2012 (hypothèse 400 000 ha). L'Unip travaille à la mise au point, avec les fabricants d'aliment du bétail d'un nouvel accord interprofessionnel pour valoriser au mieux la production.
Mesure rotationnelle et diversité d'assolement
Deux autres mesures s'adressent aux producteurs de protéagineux ayant plus de 60 % de SCOP dans la SAU. En plus des deux aides précédentes, ils auront la possibilité de bénéficier de la mesure MAE rotationnelle de 32 euros par ha de sole cultivée. Les conditions concernent l'assolement : avoir au moins 4 cultures, la surface de la culture majoritaire ne doit pas dépasser 50 % et la surface totale des 3 cultures majoritaires doit être inférieure à 90 % de la sole cultivée. Des contraintes de rotation sont aussi à prendre en compte : pas la même culture, 2 années de suite et au minimum 3 cultures différentes sur les 5 ans de l'engagement. Pour en bénéficier, il faut souscrire un engagement MAE.
Une aide de 25 euros/ha de sole cultivée, non cumulable avec la précédente est octroyée dans le cadre de la diversité des assolements pour les exploitations ayant plus de 70 % de la SAU en grandes cultures. Il faut la présence d'une culture d'oléagineux ou de protéagineux dans les 4 cultures différentes de l'exploitation.
À noter aussi le soutien des pouvoirs publics, à travers l'office "France Agri Mer" (ex ONIGC) à la création variétale et à la recherche appliquée dans le domaine des protéagineux, à hauteur de 800 000 euros/an sur la période 2009-2013.
Patrick Bégos, Source Arvalis
Photo :Les surfaces de pois protéagineux ont beaucoup baissé depuis 5 ans. L'objectif des aides (au total 200 euros/ha) est de relancer ces productions, dans le cadre du plan protéines.
Nette baisse des surfaces en 2009
Le plan protéines va-t-il redynamiser les cultures de protéagineux ? En 2009, les surfaces bretonnes ont en effet baissé de 5 140 ha à 3 070 ha. Le pois reste largement majoritaire avec 2 050 ha, devant la féverole 650 ha. L'Ille-et-Vilaine (1 150 ha) devance les autres départements avec plus du tiers des surfaces bretonnes.