
On avait tout calé. Les exportations d'animaux pouvaient se faire. Et la FCO est arrivé… Tout s'est arrêté." Gilles Lequeux, responsable commercial d'Interlim génétique service (race Limousine), n'est pas au bout de ses peines. Il se voit contraint, comme son confrère Michel Baudot, président du Herd book de la race Charolaise, de recommencer ses démarches visant à exporter des animaux reproducteurs français (génisses pleines ou à saillir) sur le marché russe. En ce premier jour du Space, ils sont donc à pied d'œuvre pour accompagner une importante délégation russe, responsables politiques compris, au Space. "Nous avons souhaité que des rencontres aient lieu, durant le salon, pour clarifier les questions sanitaires", explique Gilles Lequeux.
Imbroglio FCO
Il est vrai que la question est pour le moins complexe à traiter, pour ces spécialistes de l'export : avant mai 2009, les animaux français vaccinés contre la FCO étaient refusés à l'entrée en Russie. Difficile, dans ces conditions, d'envisager un quelconque échange compte tenu de l'obligation française de vacciner. Depuis mai 2009, la donne a changé : les bovins vaccinés peuvent être exportés, à condition que les animaux se trouvant dans un rayon de 20 km le soient également. Encore faut-il disposer de vaccin.
Enjeu important
La porte s'entrouvre donc à nouveau tout doucement, pour les Français, qui sont prêts à se plier en quatre pour répondre à la demande. En effet, même si les contrats russes sont peu nombreux, ils sont en général très intéressants. "Ils achètent des lots importants. 500 – 1000 animaux, c'est du régulier", indique Michel Baudot. En 2006 et 2007, une ferme du Sud Ouest de la Russie a ainsi acquis près de 2500 animaux reproducteurs auprès de Charolais Expansion. "L'objectif du pays est actuellement de spécialiser des élevages en viande bovine", poursuit le responsable du Herd Book, qui se rend lui-même régulièrement en Russie pour faire avancer le dossier.
Concurrence accrue
C'est que la concurrence fait rage, sur le marché. "Les Australiens leur vendent des génisses pouvant vêler à 24 mois, au lieu de 30 – 36", regrettent les deux responsables. La France pâtit également beaucoup de la dévaluation du rouble russe par rapport à l'euro. Mais il n'y a pas grand chose à y faire… Reste donc, pour les Français, à redoubler d'efforts pour faire valoir ce que l'élevage de l'hexagone vend de mieux : sa qualité.
Anne-Laure Lussou
Photo : Michel Baudot, président du Herd Book Charolais, et Gilles Lequeux, responsable commercial d'Interlim génétique service, avant une série de conférences France – Russie au Space.