
En année "moyenne", beaucoup d'élevages subissent une sécheresse qui "grille" l'herbe de certaines pâtures et, en même temps, tue les larves de vers en juillet-août. Cette année, la pluie a été favorable à la pousse de l'herbe, mais aussi aux larves de vers. On peut craindre aujourd'hui plus de 10 à 20 000 larves par kilo de matière sèche d'herbe dans beaucoup de parcelles alors que, d'habitude, ces pullulations sont recensées en fin de saison à l’herbe. Les conditions 2009 imposent, donc, d'adapter sa stratégie antiparasitaire.
1ère année de pâturage : traiter ou rentrer
Traiter les petites génisses en première année de pâturage ou les rentrer : tel est, en premier lieu, le mot d'ordre pour la majorité des élevages. Certains peuvent être dispensés de traitement en septembre. Il s'agit de ceux qui ont déjà traité en août, un traitement en août avec un produit retard (famille endectocide : Ivomec – Eprimex – Dectomax – Cydectine et leurs génériques) devant permettre d'attendre octobre sans problème. Les élevages où un bolus longue-action a été appliqué en début de saison peuvent également s'abstenir de traitement en septembre. Enfin, ceux qui ont pu trouver en août des parcelles après foin ou d'autres parcelles neuves n'ayant pas été pâturées en 2009, peuvent également s'en abstenir. Cependant, ce sont des situations exceptionnelles.
Cette évaluation du risque est une moyenne estimée à partir de l'expérience du GDS. Un conseil plus précis peut être fournis par le logiciel "Parasit’Info", qui intègre les dates de mise à l’herbe, les pâtures de la rotation, les traitements déjà réalisés, etc. Autant de variables qui peuvent faire avancer ou retarder le risque parasitaire.
Bronchite vermineuse : ça tousse !
Quand l'été est humide, les vers qui parasitent les poumons profitent comme les autres de l'humidité : ainsi, depuis le mois de juin, de nombreux cas de bronchite vermineuse ont été recensés. La maladie se repère par de la toux, sans fièvre, au pâturage. La toux est forte, sonore et se manifeste surtout quand les bovins bougent.
Pour confirmer une suspicion, le vétérinaire fait un prélèvement de bouses à amener tout de suite au laboratoire. Il peut, alors, tenter un traitement vermifuge. Si ce dernier est couronné de succès, il y a confirmation qu'il s'agissait bien de bronchite vermineuse. Si la toux recommence sur le même lot qui a toussé en début d'été, le verdict est simple : il s'agit d'une rechute si les bovins sont restés sur les mêmes parcelles. Il ne faut alors pas tarder pour agir. Le traitement peut être refait avec les vermifuges de la même famille (souvent famille endectocide), mais on obtient des résultats équivalents ou meilleurs en changeant de famille de vermifuge (contacter son vétérinaire).
Traiter à moins cher
Beaucoup de traitements en cours de pâturage (jusqu'à octobre) sont réalisés avec des endectocides. Ces produits ont l'avantage d'une action-retard, mais leur prix est plus élevé (coût à prévoir 1,5 à 2 euros/100 kg). Pour diminuer le coût du traitement, il est bon de savoir que les produits injectables sont moins chers que les produits pour-on (applicables sur le dos).
La famille des vermifuges blancs administrables par la bouche (famille Benzimidazole : Panacur – Synanthic - Valbazen N.D.) a l'avantage du prix (0,5 euro/100 kg) mais le désavantage de ne pas avoir d'action-retard : il peut donc être intéressant de les réserver au traitement de rentrée à l'étable. La famille Lévamisole a les mêmes avantages/inconvénients que la précédente, mais elle perd son efficacité sur les vers digestifs dès l'arrivée de l'automne. En revanche, c'est souvent le meilleur traitement de la bronchite vermineuse au plan coût/efficacité. Au final, s'entourer des conseils du vétérinaire est judicieux pour trouver le produit qui correspond bien à sa priorité.
Source : Dr Gérard Argenté, GDS Bretagne
Photo : Traiter les petites génisses en première année de pâturage ou les rentrer, c'est le mot d'ordre pour la majorité de nos élevages.