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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°9875 |
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LAIT / Revenus et trésoreries se dégradent - Les comptes des producteurs virent au rouge
 

La vitesse à laquelle se dégrade la situation des producteurs de lait inquiète. « Les revenus des exercices clôturés fin 2009 seront en moyenne inférieurs à 10 000 euros par UTH. Un niveau historiquement bas » explique Laurent Marc, responsable du service études du CER France 22 qui intervenait  lors d’une réunion de producteurs à Rostrenen (22) en présence d’une vingtaine d’élus du Centre Ouest Bretagne.


Point d’équilibre à 313 euros


La dégradation s’observe de mois en mois du fait de la baisse du prix du lait : un prix moyen sur 12 mois de 355 euros/1000 litres pour les exercices clôturés fin 2008, 339 euros fin mars, 313 euros fin juin. Ce dernier chiffre correspondant au point d’équilibre. Le point d’équilibre est une notion globale qui intègre l’atelier lait, mais aussi  les cultures de vente et les DPU avec un salaire de 20 000 euros/UTHF. « A 313 euros/1000 litres la moitié des éleveurs ne couvre pas ». En sachant que la moyenne cache des écarts considérables « de 240 à 400 euros ».
Mais le plus dur est à venir, puisqu’en tenant compte des accords déjà connus sur le prix du litre de lait pour la fin 2009, les exercices clôturés afficheront un prix moyen compris entre 280 et 290 euros/1000 litres sur les 12 mois. « Au niveau de 2006 », précise Laurent Marc. Il rajoute que la situation difficile est constatée pour toutes les tailles d’exploitations et pour tous les systèmes.


Le plus dur à venir


L’analyse des coûts de production de l’atelier lait montre aussi une progression importante des charges. Elles étaient de 252 euros/1000 litres en 1999 (hors revenu et rémunération du capital), et de 284 euros en 2008. « Pour 2009, elles vont encore progresser du fait des investissements, des coûts alimentaires élevés et des cotisations sociales en hausse. Mais aussi parce que par rapport à 2008 les livraisons moyennes ont diminué (pas d’allocations supplémentaires) ».  D’autres chiffres interpellent au niveau des revenus. Alors qu’en janvier seulement 9 % des revenus étaient inférieurs à 12 000 euros,  fin juin ils étaient 42 % et en décembre ils devraient être 70%.
L’inquiétude des experts est d’autant plus importante que si la filière laitière n’est pas habituée aux revenus importants, elle l’est encore moins aux crises de cette ampleur. « La capacité de résistance du secteur laitier est faible. Il faut trouver rapidement des solutions pour 15 à 20 % des producteurs ». En clair cela veut dire que sur la Bretagne, entre 1500 et 2000 producteurs sont aujourd’hui directement menacés.
Rapidement va se poser la question du prix du  lait pour 2010. Si quelques indicateurs s’améliorent, les stocks de beurre et de poudre sont importants et la politique de l’Union européenne est au libre marché. Les prix annoncés (inférieurs à 240 euros/1000 litres), difficiles à vérifier, pour le début de l’année ne sont pas de nature à rassurer les producteurs.

Pierre Dénès



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Septembre 2009
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La révolution rurale des années 60





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