
Le ministre de l‘Agriculture, Bruno Le Maire a lui aussi eu le droit à un accueil musclé. Dès son arrivée, la foule s’est agglutinée autour de lui. Et c’est également sous haute protection policière qu’il a pu rejoindre les responsables du Space. Il a ensuite rencontré séparément des délégations de l’EMB/APLI et de la FRSEA/JA. Il devait comme à l’accoutumée, aller parcourir le salon à la rencontre des éleveurs et des exposants. Impossible, compte tenu de l’ambiance. Et c’est donc par un discours devant un parterre de responsables qu’il a terminé son périple rennais.
Deux rendez-vous
Bruno Le Maire a annoncé un certain nombre de mesures d’urgence. Certaines déjà connues comme les 30 millions d’euros, le versement anticipé de 70 % des aides directes de la Pac au 16 octobre. Se sont ajoutés 30 M d’euros supplémentaires aux filières d’élevage pour aider les producteurs les plus en difficulté à faire face à leurs problèmes de trésorerie.
Le ministre a par ailleurs fixé deux rendez-vous, début novembre pour le bilan des revenus, en tirer toutes les conséquences, avec les banques, la MSA, les assurances. Celles-ci devraient être invitées à faire preuve de solidarité avec les filières agricoles, une partie de la réponse à la demande d’année blanche du président de la FNSEA. Le second vise à préparer le débat sur la loi de modernisation de la pêche et de l’agriculture. Une réflexion sur les moyens de garantir la stabilité du revenu des agriculteurs dans les prochaines années face aux aléas météorologiques et la volatilité des prix.
Plus de compétivité
Parmi ses autres objectifs la compétitivité de l’agriculture. « Cessons d’accuser les autres d’être meilleurs que nous : essayons d’être aussi bons qu’eux . Cessons de rêver à la fermeture de nos frontières, qui n’est ni possible, ni souhaitable ». Il s’est notamment engagé à réduire le coût du travail des salariés saisonniers. Avec en retour l’exigence que les filières améliorent leur organisation.
Sur la relation producteur/entreprise, il préconise un accord équitable, « pas un accord où l’on dicte au producteur toutes les conditions de son travail. Mais un accord juste et équitable, dans l’intérêt de tous ». Il compte s’appuyer sur la loi de modernisation agricole pour donner le cadre.
Pour la Pac, rappelant son hostilité au tout libéral, il veut poursuivre sur les propositions faites avec l’Allemagne, pour une nouvelle régulation du marché du lait. Isolés il y a quelques jours, ils seraient près d’une vingtaine sur 27 pays à partager la démarche, soutenus par la Commission Agriculture du Parlement européen. « La Commission a accepté d’examiner les propositions qu’elle avait rejetées dans un premier temps ». Cela irait donc dans le bon sens. Reste à attendre les résultats.
Pierre Dénès