
Depuis plusieurs années, Dominique Biche, technicien cidricole de la Chambre d’agriculture, incitait les producteurs costarmoricains à s’intéresser à cette méthode de gestion préventive des risques par la collecte d’informations météorologiques. « Nous disposions depuis 2000 d’une station semi-automatique. Elle nous a permis de nous faire la main et de démontrer l’intérêt de disposer des informations ».
Producteurs responsabilisés
Il a cependant fallu du temps, à la fois pour convaincre et pour mettre en place le dispositif. Le technicien a d’abord travaillé en relation avec les services de météo France pour déterminer des secteurs micro-climatiques, c’est à dire des zones assez homogènes en terme de température, de pluviométrie…
Le Cidrec a interrogé ses adhérents et repéré ceux qui étaient intéressés en fonction des secteurs à couvrir. « Comme il n’était pas envisageable, ni judicieux d’équiper tous les vergers, nous avons convenu de responsabiliser ceux qui allaient recevoir la station en leur demandant une contribution de 500 euros prêtés au Cidrec pour 5 ans et à taux zéro », explique Jacques Baux , producteur de pomme à cidre (13ha de vergers), à Taden à l’Est des Côtes d’Armor. Il est également le président du Cidrec 22 et membre de la Fédération nationale des producteurs de pomme à cidre. Une participation financière qui avait aussi pour but de mieux les impliquer et d’éviter des dérives.
Ainsi les six stations entièrement automatisées ont été implantées en 2007 sur 6 secteurs, 5 à l’Est du département 22 et une en Ille et Vilaine sur le secteur de Dol de Bretagne. D’un coût de 2000 euros chacune, elles ont bénéficié d’un accompagnement du Conseil général 22 et du Conseil régional.
Jouer la sécurité
Concrètement, en permanence, les stations relèvent un certain nombre de données (température, hygrométrie, pluviométrie, radiation solaire, vitesse du vent, d’humectation foliaire, température du sol…). Un ensemble de données automatiquement accessibles en temps réel 24 heures sur 24 pour les adhérents du Cidrec. Un logiciel de traitement (RIM’pro) établit tableaux, courbes et graphiques, ce qui permet d’estimer les risques de tavelure par station sur le secteur. « Des indicateurs qui n’excluent pas la vigilance du producteur. Mais lui permettent de décider avec une bonne connaissance des risques ».
L’objectif est donc d’assurer une certaine sécurité pour le producteur. « On peut partir tranquille, et gérer à distance des vergers éloignés ». Il s’agit aussi d’éviter des traitements non justifiés. A la clef des économies possibles en temps et en produits phytosanitaires. « Un traitement, c’est 15 à 20 euros par ha et par passage et du temps à passer », conclut Jacques Baux.
Pierre Dénès
PHoto : Jacques Baux à droite et Dominique Biche devant l’une des 6 stations météorologiques utilisées par les adhérents du Cidrec.
La Tavelure, principale maladie du pommier
Principale maladie du pommier la tavelure affecte surtout les feuilles et les fruits. Sur les feuilles, des taches translucides puis brun olivâtre prennent un aspect velouté. Elles sont situées principalement sur la face supérieure et souvent étendues le long des nervures. La déformation du limbe est fréquente. Des chutes de feuilles sont possibles en cas d’attaque grave. Sur les fruits, la maladie provoque la formation de croûtes noirâtres liégeuses, plus ou moins crevassées. Le champignon se conserve pendant l’hiver dans les feuilles mortes au sol, Les printemps doux et humides sont favorables aux attaques primaires. Les périodes pluvieuses de mars à juin représentent un risque permanent.