Après la vague de mondialisation, connaîtrions-nous un regain de patriotisme économique ? Dans tous les pays touchés par la crise économique actuelle, la tendance est au repli sur soi. Les pays d’économie libérale mais aussi les pays émergents encouragent la consommation de produits nationaux. Bien sûr, cela donne raison à tous ceux qui défendent les produits du terroir et la consommation de proximité. Cela donne raison aussi à ceux qui intègrent la notion de « bilan carbone » pour juger de la valeur des produits. Cela donne raison tout simplement au bon sens. C’est pour cela, mais aussi pour des raisons plus pratiques que la fédération nationale des producteurs laitiers a lancé l’opération « éleveurs laitiers de France ». Un logo sera apposé sur les briques de lait UHT pour les distinguer des laits importés. Sur les 5 premiers mois de l’année, l’Allemagne et les Pays-Bas ont augmenté leurs exportations de lait vers la France, respectivement de 50 et 100%. Cette démarche n’est pas nouvelle puisque pratiquée par la filière bovine en pleine crise de l’ESB ou par la filière porcine avec la démarche viande de porc française. L’opération atteignant son efficacité maximale lorsqu’une crise sanitaire intervient dans un pays concurrent. Le propre de ces démarches est qu’elles se mettent en place en période de crise. En période de croissance, le patriotisme économique peut-il alors s’accommoder avec la nécessité pour les entreprises, d’exporter dans ces mêmes pays ? Pas si sûr. Mais c’est le consommateur qui décide. S’il devient plus sensible aux arguments de proximité, de terroir, de coûts environnementaux qu’à celui du simple prix, alors peut-être... Mais il faudra aussi que la distribution révise sa communication, jusqu’ici surtout argumentée sur le prix.