
Depuis plusieurs années, Coopédom, la coopérative de déshydratation basée à Domagné, se penche sur la réduction de sa consommation énergétique et le développement d'énergies renouvelables. Depuis 2000, le charbon arrivant d'Afrique du Sud était le seul combustible utilisé sur la coopérative. "Nous souhaitons répondre aux défis environnementaux actuels et devenir autonomes en énergie", précise Samuel Maignan, responsable administratif Coopédom.
Des améliorations ont déjà été obtenues dans le fonctionnement de la coopérative et sur les cultures. "Le préfanage nous a permis d'économiser 20% d'énergie fossile", illustre Frédéric André, responsable projets et production Coopédom. Depuis 2007, les adhérents de la coopérative ont implanté 310 hectares de miscanthus, plante à haute valeur énergétique. La surface devrait à terme atteindre 400 hectares. Cette année, les premières récoltes ont été réalisées sur 50 ha, générant 200 tonnes de combustible vert (160 ha à collecter l'an prochain). Le miscanthus est récolté en ensileuse et sera à l'avenir stocké dans des taupinières.
Miscanthus et bois comme combustibles verts
Le miscanthus va être utilisé comme combustible dans le nouveau foyer biomasse qui vient d'entrer en fonctionnement. Cette chaudière sera aussi alimentée avec des plaquettes de bois provenant des forêts locales, et des connexes de scieries. Le foyer charbon va continuer à réaliser 50% de la déshydratation pour le moment. La nouvelle chaudière biomasse, conçue par la société Maguin-Promill, a représenté un coût de 1,2 million d'euros (des subventions ont été obtenues). "C'est la deuxième installation de ce type en France", précise Frédéric André. Deux vis entraînent le biocombustible dans le foyer taupinière, attisé par des ventilateurs. La température peut monter jusqu'à 950°C. "Nous obtenons moins de cendres qu'avec le charbon".
L'optimisation de la culture du miscanthus va se faire sur le long terme. Des essais sont menés en partenariat avec la Chambre régionale d'agriculture pour connaître les clones qui s'adaptent le mieux. Des thématiques concernant la maîtrise de l'itinéraire technique sont étudiées sur neuf parcelles d'adhérents, dans le cadre d'un projet mené en collaboration avec Agrocampus Ouest et le Conseil général sur 2008-2012.
Agnès Cussonneau
Porte ouverte le 26 septembre
A l'occasion de ses 40 ans, Coopédom va inaugurer son nouveau foyer biomasse le samedi 26 septembre à 15 heures (à Domagné). Une porte ouverte est organisée de 14 h 30 à 18 h, à destination du grand public. Les adhérents se regrouperont ensuite pour une soirée festive.
A sa création en 1969, la coopérative comptait une vingtaine d'adhérents intéressés par la déshydratation de leurs fourrages (graminées), pour une simplification du travail et la qualité du produit. Les premiers essais en luzerne ont été réalisés en 1975. Premier combustible utilisé, le fioul lourd a été remplacé par du charbon en 1984. En 1993, un four au gaz naturel a été mis en place à côté du foyer charbon. De 2000 à aujourd'hui, le charbon était le seul combustible utilisé. En 2000, la coopérative s'est équipée de sa première presse à balle.
Aujourd'hui, Coopédom compte 800 adhérents, dont 650 "actifs", basés dans un rayon de 30 km autour de Domagné. Le nombre de salariés est de 43 ETP, dont 33 permanents. Près de 40 000 tonnes de fourrages sont traitées. L'atelier de déshydratation affiche une capacité de 42 000 litres d'évaporation par heure. La coopérative dispose de deux presses à balles et six presses à granulés.
Légende : Frédéric André, responsable projets et production Coopédom (à gauche), et Samuel Maignan, responsable administratif Coopédom, devant le nouveau four biomasse.