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Côtes d'Armor (22)
FDSEA – Jeunes Agriculteurs : Défendre les producteurs sans les bercer d’illusions
 

La commissaire européenne est restée insensible aux arguments français ?


Patrick Cherdel : Malheureusement, il était peu probable que les ministres européens de l’Agriculture prennent immédiatement de nouvelles mesures pour soutenir le marché laitier. Une réalité que nous ne pouvons cacher aux producteurs.  Et pourtant, depuis mars 2009, les agriculteurs européens souffrent des effets dévastateurs de la crise économique sur le secteur laitier.  L’Europe de l’ultra libéralisme fait fausse route et nous demandons toujours l’activation des outils de gestion (restitution, stockage, intervention).


La grève du lait est-elle la solution ?


Hervé Moël : La grève peut permettre de réduire les volumes sur le court terme, structurellement cela ne changera rien. Aussi, avant d’envisager une grève du lait européenne, certains pays devraient s’inspirer du modèle français. La France a choisi de geler les allocations provisoires de fin de campagne ou les 1%. Conséquence, la France ne fait pas son quota laitier depuis plusieurs années  et au final les producteurs Français produiront -8% de lait en 2009/2010 (soit - 1,4 Milliard de litres). Or dans d’autres pays européens nous sommes bien loin de ce schéma.  La France ne peut être la seule à réguler sa production.
Patrick  Cherdel : La grève du lait est une forme d’action mais pas la solution. Et la décision de s’y engager appartient à chaque producteur.


Vous dites ne pas vouloir mentir aux producteurs ?


Patrick Cherdel : Les quotas existent jusqu'en 2015 et que nous nous battrons pour les maintenir. Mais la crise du lait que traverse la filière va modifier les relations entre les producteurs et leurs entreprises de transformations.


C’est la contractualisation qui se profile ?


Patrick Cherdel : Aujourd’hui, nous avons les quotas mais pas le prix. Ils ne jouent plus leur rôle. Et demain ces quotas n’existeront probablement plus. La fin a été actée par les 27 pays de l’Union et rien ne permet pour le moment de dire qu’ils feront marche arrière. Il nous faut donc préparer l’avenir. La contractualisation peut être l’outil de demain, pour gérer les volumes par l’amont de la filière. Car si nous ne mettons pas la main sur les volumes, demain nous n’aurons jamais le prix.


Ce n’est pas de l’intégration ?


Hervé Moël : La disparition des quotas nous oblige à écrire comment et sur quelles bases nous vendrons notre produit, comment le prix sera fixé, quels sont les droits et les devoirs des parties. Nous réfléchissons à ce que pourrait être un contrat dans un cadre collectif afin que les producteurs ne se retrouvent pas seuls face à leurs entreprises. Il s’agit d’établir un rapport équilibré. Par contre, la contractualisation vue par la Fédération des coopératives laitières (FNCL) et présentée dans les journaux est inconcevable. Nous estimons que le cadre interprofessionnel demeure essentiel, sans oublier  l’arbitrage des pouvoirs publics.


Alors comment ?


Patrick Cherdel : Pour ne pas devenir de simples livreurs de lait, nous estimons nécessaire de se regrouper au sein d’organisations de producteurs.  Ces structures devant pouvoir dialoguer et s’associer entre elles (Association d’Organisations de Producteurs) pour porter la voix unie des éleveurs devant les transformateurs.


Et à quel échelon ?


Hervé Moël : L’échelle de cette organisation reste à définir. Mais il est clair que l’échelon départemental n’est pas assez important. Pour être assuré d’un rapport de force équilibré, nous devrons négocier au minimum au niveau de l’interprofession Ouest. On peut aussi admettre un bassin de production, par exemple le grand Ouest. Ce contrat collectif serait reparti sur les producteurs selon leurs références administratives actuelles. L’interprofession étant le lieu approprié pour aboutir à une meilleur relation gestion-prix-volume.


Légende : Hervé Moël (FDSEA) à gauche et Patrick Cherdel (JA).


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Septembre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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