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Commercialisation : La taxe carbone leur donne raison
 

Il y a eu… la création des hypermarchés. Il y a eu… le développement fou des supermarchés, puis des hard discount. Et aujourd'hui, voilà que des initiatives locales se multiplient çà et là pour créer des circuits "courts" de commercialisation, c'est-à-dire avec zéro ou un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Une résultante de quoi ? Du mode de répartition des valeurs, bien sûr. "Dans les systèmes alimentaires actuels ("agro tertiaires"), seuls 10 à 20 % de la valeur des biens vendus reviennent à l'agriculteur, d'où un besoin de retour à une plus juste répartition", relève Pierre Texier, ingénieur au ministère de l'Agriculture et auteur d'un rapport sur les circuits courts. Pour ce dernier, chaque génération atteignant ses 25 ans est marquée par un mode de consommation dominant. Les personnes arrivant à l'âge de 25 ans entre 2002 et 2011 appartiennent à une génération qualifiée de "bio locavores". Des consommateurs, que les grandes surfaces ne comblent pas, désireux de manger local, voire de s'investir dans des Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou autre initiative.


Bon bilan carbone


Et certains éléments leur donnent raison, comme cette taxe carbone qui fait tant parler d'elle actuellement. Si des inconnues demeurent quant à ses modalités de fonctionnement, on peut raisonnablement penser qu'il en coûtera moins cher, demain, de consommer des fraises de Plougastel provenant du marché que des fraises du Maroc trouvées - sans goût – en hyper, par exemple.
Quant à la marge de développement dont disposent exactement les circuits courts, en complément des hyper… Difficile de la quantifier. Pour Pierre Texier, elle dépendra des potentielles aides mises en place dans le cadre de la Pac 2013 ou de la taxe carbone. Elle dépendra aussi du succès des initiatives de producteurs, les premiers à se lancer permettant aux suivants de disposer de davantage de données chiffrées.


Abattage en commun


À l'image de Vincent Durand, producteur de volaille dans les Pays-de-la-Loire. Faisant le constat que deux fonctions sur trois, la transformation et la commercialisation, étaient externalisées pour la production de ses volailles, il a pris le taureau par les cornes en créant une Cuma d'abattage, baptisée "Le champ du coq". 12 agriculteurs étaient partie prenante au départ, ils sont aujourd'hui 27. Le volume concerné est d'environ 50 000 volailles, et chacun gère sa commercialisation.
Deux fois par semaine, une équipe d'éleveurs se rend à la Cuma pour abattre les volailles de chacun. "Il faut donc accepter de laisser passer son produit entre les mains de tous, insiste Vincent Durand. Sans compter que, par cette initiative, on devient abatteur. D'où une armada de règles à supporter... On nous impose les mêmes contraintes qu'un grand abattoir ! Administrativement, il faudra des limites." L'avantage de la formule est de permettre aux adhérents de disposer de matériel que chacun n'aurait pas pu s'offrir tout seul. L'aspect "échanges entre adhérents", aussi, est très bénéfique. Quant au gain financier… "ce n'est pas vraiment moins cher qu'avec un prestataire, indique le producteur. Mais le travail n'est pas le même, la finition est différente." S'il n'est pas permis par l'abattage en commun, le gain financier l'est néanmoins grâce à la vente directe, par rapport au circuit conventionnel. Dans son rapport, Pierre Texier chiffre la marge brute, pour 1000 litres de lait de chèvre vendus, à 1528 euros quand il s'agit de vente directe, 969 euros lorsque l'on vend à un intermédiaire, et 871 euros lorsque l'on vend à deux intermédiaires.

Anne-Laure Lussou


Légende : Le Safir a été l'occasion d'aborder le thème des circuits court au cours d'une table ronde très suivie par le public.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Septembre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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