
On aurait pu penser, à force d'en entendre parler, que les projets de méthanisation se seraient davantage multipliés. Force est de constater qu'ils se comptent toujours sur les doigts d'une seule main : deux unités en fonctionnement en Pays-de-la-Loire, deux en Bretagne, bientôt rejointes par une nouvelle unité à Vitré (100 kW, marque Planet, mise en service en novembre). En cause, dans ce piétinement, le montant des investissements engagés, très conséquent, et la lourdeur des démarches. "Et puis, regrette Joëlle Kergreis, déléguée régionale Ademe Pays-de-la-Loire (1), jusqu'à présent les projets sont trop souvent basés sur une entrée "traitement des déchets". Or, vu le tarif actuel de rachat de l'électricité, il faut vraiment penser à l'utilisation de la chaleur, et l'échelle territoriale est très justifiée dans ce cadre."
Pas de modèle "type"
Pour les spécialistes de la question, il n'y aura pas, en France, d'unité type" de méthanisation, contrairement à l'exemple allemand où environ 4000 unités fonctionnent de la même manière, avec recours fréquent à l'ensilage de maïs. "La France a abouti à un consensus selon lequel il ne faudra pas utiliser de cultures", explique Fabrice Béline, du Cemagref. Les excédents sont suffisants. Cependant, le fait d'utiliser des intrants très différents dans les unités implique une plus grande complexité dans le traitement des déchets.
Démystifier
Pour autant, insiste Armelle Damiano, responsable méthanisation à Aile, "la technologie est mature. Maintenant, la réussite des premiers projets est fondamentale au bon développement de la filière". Même son de cloche à l'Ademe : "aujourd'hui, il faut multiplier les projets, démystifier le sujet", insiste Joëlle Kergreis. C'est aussi par cette voie que les délais des démarches pourront être diminués.
Anne-Laure Lussou
(1) Propos tenus dans le cadre du Safir, le 3 septembre à Treffieux (44)
Terrena aura son usine de méthanisation
Terrena s'est groupée avec Saria Industries, filiale du groupe allemand Rethmann, spécialiste de la valorisation de la biomasse, pour monter un projet de méthanisation baptisé Valdis. À partir de 58 000 tonnes de biomasse, l'unité produira de l'électricité pour le réseau (12 000 MW/an), de la chaleur pour l'industrie (12 000 MW/an) et des fertilisants pour l'agriculture. Le calendrier prévisionnel indique une finalisation du dossier fin septembre 2009, un début de travaux mi 2010 pour une mise en service en 2011.
Légende : Contrairement à l'Allemagne (photo), la France ne devrait pas voir se développer de multiples unités sur le même modèle.