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Coopératives : Philippe Mangin, président de Coop de France
 

 


Le contrat proposé par la FNCL vous semble-t-il suffisamment protecteur pour le producteur ?


Un contrat, c’est un ensemble de droits et de devoirs. Peut-être qu’il comporte plus de devoirs que de droits selon certains observateurs. Mais la première protection qu’il offre au producteur, c’est la sécurité de son débouché pour un volume. Or, aujourd’hui, les producteurs de lait ne sont pas tous sûrs qu’ils auront encore demain une entreprise de collecte près de chez eux. La menace de fermeture d’usine dans certaines microrégions est réelle. Le rapport évoque la notion de pluriannualité. Pour moi, un contrat sur une période de 3 ans, ce serait mieux. La volatilité des prix pourrait ainsi être lissée comme cela a été le cas dans les anciens accords interprofessionnels sur le prix du lait. Ce qui manque en revanche, et ça vaut pour la coopération en général, ce sont les engagements que celle-ci prend vis-à-vis de ses membres. S’ils existent, il faudrait les faire apparaître, les formuler et les traduire dans le document. On ne le dit pas assez.


Mais que pensez-vous de l’obligation d’approvisionnement, de la gestion de la saisonnalité qui fait porter les contraintes sur le producteur ou des primes que pourraient toucher certains adhérents et pas d’autres ?


Sur la saisonnalité, la contrainte doit être partagée. Le producteur peut l’atténuer un peu en réfléchissant son système de production. L’apparition de nouvelles primes (1) ne me choque pas. Un traitement équitable de l’adhérent ne signifie pas égalitaire. Au travers du débat, la vie de la coopérative consiste à essayer de définir les modalités de la solidarité. Pour l’obligation d’approvisionnement, il faut comprendre que ce rapport est une base de négociation.

En ce qui concerne la définition du prix, peu de garanties apparaissent pour le producteur : les dirigeants pourront s’appuyer sur les indicateurs de l’interprofession, mais rien n’est obligatoire. N’y a-t-il pas un risque ?
Plus que sur le prix, je verrais le rôle de l’interprofession laitière dans la fixation des volumes de production B et C (1). Je pense que ces niveaux devraient correspondre à des pourcentages réduits du volume total alloué à chaque producteur. Si ces volumes étaient fixés à l’échelon de l’interprofession, nous préserverions l’étanchéité d’un débouché par rapport à un autre. Dans un contexte aussi grave qu’aujourd’hui, c’est peut-être le moment de trouver des accords de ce type. Lactalis, qui est le deuxième producteur d’emmental derrière Entremont, pourrait lui aussi être favorable à de tels accords interprofessionnels. Et de toute façon, il y a un prix en dessous duquel l’industriel soucieux de la pérennité de son bassin de production ne descendra pas. Car il sait que cela provoquerait de la casse dans les campagnes.


(1) La FNCL propose trois types de volumes à contractualiser : le volume A correspond aux débouchés traditionnels, le volume B sert à garantir le volume A et le volume C est un volume pour lequel la coopérative ne dispose pas de débouchés satisfaisants.

(2) Comité interministériel de restructuration industrielle.



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Septembre 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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