
Depuis trois ans, Christian Le Roux, du Gaec des Bleuets à Quistinic, a remisé ses anciens pneus. Sources de corps étrangers, abris d'insectes piqueurs, peu esthétiques, il leur reprochait surtout d'être des obstacles visuels. "Les trous d'oiseaux sont cachés. La visibilité n'est pas nette". Il a donc opté pour le système bavarois. Une première bâche "40 microns", (film en polyéthylène), transparente, est posée sur le tas d'ensilage. "Elle est assez facile à poser car elle se colle au maïs. Elle épouse même les traces des roues du tracteur". Très hermétique et légère, elle permet également de protéger facilement le front d'attaque des étourneaux. L'efficacité de cette bâche est importante sur les tas d'ensilage d'herbe et de maïs consommés tardivement. Collée au fourrage, elle empêche l'air d'y pénétrer. "Les pertes par échauffement sont bien moindres. Si le silo est ouvert rapidement après la récolte, sa présence n'est pas nécessaire". Ce film doit être changé tous les ans.
Toile de protection
Au-dessus du film en polyéthylène, Christian Le Roux place une bâche classique, neuve (150 à 180 microns). "La "40 microns" n'est pas très résistante à la pression. Il faut éviter de marcher dessus. C'est néanmoins possible, sauf sur les bords d'une taupinière". Une toile de protection à mailles serrées, couvre l'ensemble et assure, accessoirement, une meilleure esthétique. Du maërl ou des sacs (boudins) sont placés sur les bords du tas et sur le front d'attaque, pour maintenir les bâches. Des ceintures de boudins idéalement placés tous les quatre mètres, dans le sens de la largeur du silo, sécurisent la couverture du tas.
Des boudins de gravier ronds
Les boudins de sable présentent l'inconvénient de retenir l'eau. Des graines peuvent y germer. Les grains passent à travers les mailles au bout de quelque temps. Il est donc préférable de les remplir de graviers ronds pour éviter de les déchirer. "Aux 2/3 simplement. Ils sont, de fait, plus légers, plus manipulables, et surtout, ils se plaquent mieux sur la bâche". Placés sur une palette à l'abri, après usage, ils se maintiennent en bon état plusieurs années. Certains fournisseurs en vendent avec des poignées pour faciliter le travail. Des boudins "spécial front d'attaque", plus plats et plus lourds, pour empêcher l'air de rentrer, sont également commercialisés.
Bernard Laurent
Prix des bâches et de la toile
Les bâches "40 microns" ont une longueur de 50 mètres et une largeur de 8 à 12 mètres. Les coûts varient de 45 à plus de 70 euros. La toile de protection à mailles serrées (durée de vie d'une dizaine d'années) se présente sous plusieurs formes. Son poids est de 220 g/m2 ou de 230 g/m2; sa résistance de 4 à 6 t/m2 et sa surface de 10 mètres par 12 ou de 12 mètres par 15. Compte tenu de ces paramètres, le prix de la toile peut varier de 180 à 340 euros. Enfin, les boudins (250 pour un silo de 10 mètres par 30) coûtent entre 85 centimes et 1,50 euro selon le type. À ces différents prix, il convient d'ajouter celui de la bâche classique. À noter que l'acheteur paie désormais une taxe d'éco-contribution pour le recyclage des bâches. Le fournisseur est donc tenu de les reprendre.
Légende : Christian Le Roux, au premier plan, présente à des collègues du GVA de Plouay, les trois bâches (film 40 microns, bâche classique, toile de protection) avec lesquelles il couvre ses silos de fourrage.