
L’ultimatum du 31 août fixé par les producteurs pour une amorce de solution dans le projet de reprise du groupe Entremont Alliance a donc été respecté. Comme on le pressentait depuis quelques jours, c’est le projet coopératif Sodiaal qui a été préféré au projet du privé Lactalis.
L’annonce a été effectuée par le ministre lors de l’inauguration de la Foire de Chalons en Champagne. « C’est une bonne nouvelle pour le secteur coopératif en France. C’est une bonne nouvelle également pour les producteurs de lait » a souligné Bruno Le Maire. Précisant par ailleurs « que le groupe Entremont s’engageait à payer les producteurs à 272 euros les 1000 litres pour le mois de septembre ».
Des précisions attendues
Ces décisions ont été confirmées aux syndicalistes (FRSEA-JA) lundi soir par les différents préfets des départements (voir pages départementales). Elle devait être précisée ce vendredi 4 septembre, par le ministre de l’Agriculture à Rennes devant les responsables de l’association des éleveurs livreurs à Entremont Alliance. Par ailleurs le préfet de la Région Bretagne devrait réunir rapidement une table ronde.
Producteurs, syndicalistes ou responsables de l’association, prennent acte de ce projet de rapprochement. Mais expriment aussi beaucoup d’interrogations sur le montage final et sur les conséquences pour les producteurs. Pour le moment, les termes de ce rapprochement restent flous, notamment sur les contreparties demandées aux éleveurs. Dans certains départements, des responsables n’hésitent pas à marquer clairement leur hostilité à un apport de capital des éleveurs chez Sodiaal. D’autres vont jusqu’à douter de la solidité du groupe pour intégrer un poids aussi lourd qu’Entremont Alliance.
De même sur un plan plus immédiat et plus pragmatique, s’ils sont satisfaits de l’annonce du prix payé de 272 euros pour le mois de septembre, ils attendent aussi des engagements sur les prix pour novembre et décembre.
Le moins que l’on puisse dire est que, si ces annonces permettent dans les prochains jours de calmer certains esprits, il n’est pas évident qu’elles assurent un retour à un débat plus serein. Du moins pas tant que les éleveurs n’auront pas plus de précisions sur l’issue finale.
Pierre Dénès
Photo : Les décisions ont été confirmées aux syndicalistes (FRSEA-JA) lundi soir par les différents préfets des départements, comme ici à Quimper dans le Finistère.