La grève européenne du lait désormais annoncée éventuellement après la réunion des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, le 7 septembre aura-t-elle lieu ? La FNSEA s’est déclaré opposée à la grève, toutefois, sans donner de mot d’ordre. La Confédération Paysanne laisse la responsabilité à chacun, mais mobilise sur le projet de contractualisation en visant la FNCL (Fédération des coopératives laitières). Tandis que la Coordination Rurale est sur le front de la bataille avec l’Apli et au sein de l’EMB (European milk board). Que souhaitent les producteurs laitiers ? Tout d’abord, une vision à long terme grâce à l’assurance de débouchés. C’est l’objectif du contrat qui engage dans la durée un producteur et un industriel. Le principe de fond n’est pas critiquable en soi. C’est ce qu’on y met dedans qui peut être contesté s’il n’est pas équitable. Obtenir un prix rémunérateur, c’est la juste rémunération du producteur et du transformateur. L’indexation du prix du lait, mise en place en 1997, a constitué un grand pas. Il est à reconstruire mais il reflètera toujours l’état du marché. Difficile de nier les réalités économiques et penser que les industriels pourront acheter le lait aujourd’hui, à 400 euros les 1000 litres comme le réclame l’Apli. Mais les solutions à la crise laitière se trouvent aussi à Bruxelles pour une véritable politique d’aides aux entreprises européennes qui exportent, et pour réformer son interprétation dogmatique de la libre concurrence. Dans ce contexte de crise laitière européenne, comme à chaque grande crise sectorielle qui touche l’ensemble des agriculteurs européens – et c’est de plus en plus le cas - se pose la question d’un véritable syndicalisme européen opérationnel, pour faire le poids.