
La production porcine poursuit sa lente diminution dans l'Union européenne (moins 1 à 2 % par rapport à 2008), comme aux États-Unis. Les exportations de l'UE vers les pays tiers progressent, en dépit de l'absence de restitutions. Ces ventes se font au prix de lourdes concessions qui limitent leur valorisation. La concurrence avec les pays du continent américain sur le marché mondial est féroce. Elles sont donc sans effet marquant sur le prix du porc, d'autant plus que la consommation mondiale est freinée par la crise économique. Le prix payé au producteur est, en moyenne, nettement inférieur à celui de 2008, sur les huit premiers mois de l'année (moins 25 centimes par kilo pour le seul mois d'août). En France, le prix de vente au consommateur ne fléchit pas. En moyenne, sur les six premiers mois de l'année, les prix au détail (porc frais et charcuteries) ont progressé de 2,5%, relativement à la même période de 2008. L'observatoire des prix et des marges se fait toujours attendre…
Prix élevé des protéines
Les rendements de céréales sont bons sur le département, comme ailleurs. La qualité dépend du secteur géographique. Le Sud-Est a bénéficié d'un meilleur ensoleillement que le Nord; le taux d'humidité y est plus faible. Les poids spécifiques sont variables. Le prix en baisse ne compense pas les charges en augmentation d'environ 20 euros à l'hectare. Ce prix en baisse désole les céréaliers et ne réjouit pas, outre mesure, les producteurs de porcs ou de volaille. Le prix de la protéine (20 à 25% du coût de l'aliment) reste élevé. Au final, le prix de l'aliment tarde à baisser (190 euros par tonne). Il devrait cependant se tasser au deuxième semestre.
Plan énergétique volailles en berne
En volailles, le Plan Performance Énergétique n'est pas suffisamment abondé. 40% seulement des dossiers déposés ont été satisfaits. Le plan porte sur l'aide aux investissements permettant une réduction de la consommation d'énergie. Une mesure qui s'inscrit pourtant parfaitement dans les objectifs du Grenelle de l'environnement. La subvention est de 40% du montant de l'investissement avec un plafonds de 16 000 euros par exploitation.
La filière bovin viande subit aussi la crise économique. Les morceaux nobles sont délaissés par le consommateur. L'afflux de vaches laitières de réformes a limité l'embellie des cours depuis le printemps. Quant aux éleveurs de lapins, leur nombre se réduit d'année en année, faisant craindre le pire pour la filière dans son ensemble.
Bernard Laurent
Photo : Le prix du kilo de porc payé au producteur n'a pas décollé en cette période estivale, contrairement aux autres années.