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Morbihan (56)
FDSEA / Grève du lait - Une mauvaise solution
 

le coût d'une semaine de grève pour un producteur moyen Morbihannais serait de 1500 euros de perte. "L'impact économique est trop fort pour des exploitants dont le revenu est déjà négatif". Laurent Kerlir, président de la FDSEA, s'insurge contre une solution qu'il juge inefficace. " Un million de tonnes de poudre et 500 000 tonnes de beurre sont actuellement en stock. Une telle grève conduirait à une baisse de ces stocks sans répercussion suffisante sur le marché et sur le prix payé au producteur". Les principaux syndicats européens ne veulent pas de la grève du lait. Il dénonce l'Apli, selon lui sous tutelle de la Coordination Rurale, et fustige l'attitude de ce syndicat, favorable à la grève . "La Coordination, qui, il y a peu, refusait les règles de redistribution aux commissions de structure pour l'installation ou la confortation des exploitations, veut maintenant nous donner des leçons sur la régulation des volumes de production".


Nouveau Parlement européen


En réponse à la baisse des prix, certains pays augmentent leur volume de production. "Un non sens", poursuit Laurent Kerlir, qui déplore l'attitude libérale de la Commission européenne. "Madame Fischer-Boël est arc-boutée sur ses positions. Nous espérons que le nouveau Parlement, qui fera sa rentrée en septembre, pèsera sur les décisions". La solution se trouve, pour Laurent Kerlir, dans l'établissement d'un nouveau rapport de force avec les industriels d'une part et la grande distribution d'autre part. "La solution dépendra de l'organisation que les producteurs seront capables de créer pour réguler le marché, en remplacement des quotas". Des GIE de collecte, des associations de producteurs ou de coopératives pour peser sur les prix et les volumes. Un regroupement de l'offre qui irait de pair avec une mutualisation des prix, pour que tous les producteurs soient payés au même niveau. "La mutualisation doit également se faire à l'échelon industriel pour exister sur le marché mondial". Le président veut rassurer sur la notion de contractualisation. "Elle devra être collective, et ne doit pas être assimilée à de l'intégration".


Entremont Alliance


Concernant la problématique Entremont Alliance, la solution devra être durable. "La dette de 360 millions d'euros ne doit pas peser sur les producteurs ni sur la ou les entreprises qui reprendront l'affaire". La FDSEA apprécierait une reprise par plusieurs industriels. "Le comité interministériel de restructuration industriel (CIRI), qui suit le dossier, ne doit pas exclure cette hypothèse, à condition que tous les producteurs soient concernés par le projet". Un partage de l'entreprise, en quelque sorte, ou des partenariats en fonction des intérêts industriels des uns et des autres. Dans tous les cas, une réponse doit être donnée aux producteurs, pour le 1er septembre. Le ministre de l'agriculture s'y est encore récemment engagé.


Bernard Laurent


Photo : Les responsables de la FDSEA.
(De gauche à droite) Alain Guillard, Laurent Kerlir, Frank Guéhénnec, Gérard Doré, Thierry Coué, Jean Michel Choquet


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Août au 3 Septembre 2009
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