Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°9809 |
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Ille et Vilaine (35)
JA / Débat à Montauban-de-Bretagne - "Pousser les portes de l'agriculture"
 

Pour la quatrième année consécutive, l'Ille et Vilaine est le premier département français en matière d'installation : 207 jeunes ont bénéficié de la DJA en 2008. Et depuis 5 ans, 902 jeunes agriculteurs se sont mis à leur compte dans le département. Ce constat flatteur, les Jeunes Agriculteurs veulent le maintenir à l'avenir. C'est le message qu'ils ont voulu transmettre en organisant un débat à Montauban, en prélude à la fête de Pleumeuleuc, avec un titre évocateur "Osez pousser les portes de l'agriculture".


40 % de remplacement


"Actuellement, en Ille-et-Vilaine, un jeune s'installe pour 2,5 agriculteurs cédants, soit un taux de remplacement de 40 %", explique Yves Chenedé, de l'Adasea. "C'est mieux que dans le reste de la France (1 installation pour 3,5 départs) et surtout mieux qu'il y a 20 ans (1 installation pour 4 départs en Ille et Vilaine)".
Le nombre de candidats recensés par l'Adasea ne manque pas mais encore faut-il que les jeunes aient la capacité financière de s'installer. Le profil du candidat a évolué, en 20 ans (voir tableau). Il est plus âgé (29 ans) et mieux formé : la quasi-totalité ont un niveau au moins supérieur au BTA ou Bac Pro et 35 % ont un niveau BTS. Seuls 7 % d'entre eux ont eu un statut d'aide familial avant l'installation contre 54 %, il y a 20 ans. Et les femmes sont plus nombreuses (26 % contre 7 % en 1986).


Exigeant et riche


L'expérience de Rachël Guiquerro, secrétaire nationale adjointe de JA, illustre bien cette modification du profil des jeunes installés. "Je ne suis pas issue du milieu agricole, j'ai d'abord travaillé en usine avant de suivre une formation agricole qualifiante et de m'installer avec mon mari. C'est un métier choisi et non subi, qui me donne beaucoup de satisfactions personnelles. Il est à la fois exigeant et riche".
"Le premier capital pour un jeune, c'est la formation",  annonce clairement René Delaunay, directeur de la Maison Familiale de Montauban. Globalement les effectifs de l'enseignement agricole vont s'accroître cette année, en Bretagne, avec + 2,3 % en Bac Pro et + 6 % en BTS. "Les efforts déployés par les organisations professionnelles ont permis un retoilettage des diplômes et la création de passerelles entre les différentes formations". Le jeune qui choisit l'enseignement agricole n'est plus enfermé dans une voie unique pendant 3 ans, il peut en cours de route se réorienter. "Nous rencontrons des jeunes passionnés par leur métier", ajoute René Delaunay.


Promouvoir la production


"Tous les secteurs de l'agriculture ont besoin de jeunes bien formés", confirme Valérie Heyser, animatrice de l'AEF. "Les employeurs recherchent de plus en plus de jeunes de niveau Bac à Bac + 2 qui allient formation théorique et surtout pratique". Et les emplois proposés sont très diversifiés. Le salariat est d'ailleurs le principal tremplin pour l'installation. 46 % des jeunes installés en Ille-et-Vilaine ont eu une expérience de salariat dans l'agriculture avant de s'installer.  
Des efforts restent encore à faire pour promouvoir, auprès de jeunes, l'image des métiers de la production agricole. En mettant, par exemple, en avant le fait que 95 à 97 % des jeunes sont encore en place au bout de 5 ans, contre 50 % dans d'autres secteurs d'activité comme le commerce ou l'artisanat. En Ille et Vilaine, seulement 15 % des jeunes installés sont issus d'un milieu non-agricole contre 25 % dans les autres départements.


Le problème du foncier


"Dans les cantons de Montauban et Montfort, une agriculture dynamique et un secteur agro-alimentaire performant créent un effet indéniable d'attractivité pour toute la zone", estime Bernard Piedvache, président de la Communauté de communes de Montauban. "Même si nous passons un cap difficile, nous devons avoir confiance dans l'avenir. Le monde agricole a toujours su s'adapter". L'élu a conscience du manque d'anticipation qu'ont eu la plupart des communes face à certains problèmes comme celui du foncier ou il y a concurrence entre les besoins urbains et les utilisations agricoles. Par contre, il annonce clairement : "une commune n'a pas les moyens de s'engager dans le portage financier du foncier, comme cela se fait, parfois, pour le petit commerce".
 
Patrick Bégos


 


Photo : De gauche à droite : Yves Chenedé, responsable technique Adasea, René Delaunay, directeur MFR de Montauban, Rachël Guiquerro, secrétaire générale adjointe JA National, Bernard Piedvache, président de la Communauté de communes de Montauban, Valérie Heyser, animatrice AEF.


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Août au 3 Septembre 2009
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