Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°9806 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Finistère (29)
FDSEA / L’agriculture en crise - « L’impression d’être abandonné »
 

Un peu dépité, désabusé même, Thierry Merret. C’est « une rentrée particulière » que dit aborder le président de la FDSEA qui, en « vingt-et-un ans de syndicalisme n’a jamais connu une telle situation. Aujourd’hui, c’est l’ensemble des productions qui va mal ».
Pourtant rarement à court de propositions pour sortir l’agriculture finistérienne quand elle s’embourbe dans l’ornière des crises, le leader syndical en vient à implorer les instances parisienne et bruxelloise. « Nous sommes un peu perdus. Car nous ne savons pas de quoi demain sera fait. L’agriculture va à vau-l’eau. L’état, les politiques vont devoir réagir pour apporter une réponse au mal-être, au malaise des agriculteurs ».


« Nous étions trop candides »


Mais c’est surtout vers Bruxelles que se tourne le syndicat majoritaire. « Une Europe qui perdure dans sa bêtise », s’énerve Thierry Merret qui rappelle que, « 2003, avec le démantèlement des outils de régulation, est à l’origine de la crise qui affecte l’agriculture en 2009. Sans parler de l’OMC où la grande erreur à été d’utiliser l’agriculture comme outil d’échange ».
« Nous pensions qu’avec la crise financière, l’Union européenne serait revenue à la régulation des marchés. Nous étions trop candides. Alors que les USA régulent, protègent leur agriculture, l’Europe continue de l’exposer à la seule loi du marché. Il faut parfois savoir reconnaître ses erreurs. Persévérer, c’est aller au casse-pipe, c’est rayer l’agriculture des territoires comme la Bretagne », s’emporte le président de la FDSEA qui en appelle « à la mise en place rapide d’outils de régulation des marchés ».


Regrouper les producteurs


La Fédération compte également sur la loi de modernisation de l’agriculture (LMA) destinée, entre autres à redonner de la compétitivité aux exploitations. Et surtout oblige une réelle organisation de la production. Un axe qui plaît au syndicat qui mise beaucoup sur les organisations de producteurs (OP) et associations d’OP (AOP). « Les AOP sont essentielles pour redonner aux producteurs des moyens d’établir des rapports de force équitables ». Et Thierry Merret de reprendre son ton offensif : « La FDSEA veillera à ce que ce ne soient pas les industriels qui décident de l’avenir du monde agricole ! ».
Didier Le Du


 


Photo : Une rentrée syndicale sur le pied de guerre est annoncée par la FDSEA du Finistère (De gauche à droite : André Quénet, secrétaire général ; Emile Riou, président de la section porcine ; Thierry Merret, président ; François Plougastel, président de la section laitière ; Philippe Quillon, président de la section légumes).

 







Lait


Un excédent de 0,5 % de lait au niveau mondial et patatras, le marché laitier s’écroule. « Aujourd’hui, les marchés sont toujours atones. On pensait qu’avec la baisse de production estivale une certaine reprise aurait été au rendez-vous. Rien », résume François Plougastel, président de la section laitière, qui souligne le différentiel de 50 à 80 euros entre le prix du lait français et à celui pratiqué dans les autres pays.


Aujourd’hui, la FDSEA demande l’application stricte des quotas à la Française dans toute l’Europe. C’est-à-dire la pénalisation des éleveurs qui produisent plus que leur quota et non pas un système de pénalité mutualisée au niveau national qui conduit certains producteurs européens à produire 10 % de plus que leur référence. « Actuellement, ce sont les producteurs français qui font la régulation pour le reste de l’Europe ».


Pour autant F. Plougastel invite la profession à s’inscrire dans la logique de la fin annoncée des quotas. « Il nous faut trouver une organisation rénovée en veillant à massifier l’offre et en maîtrisant le couple volume/prix ».


Sur le dossier Entremont Alliance, le souhait du syndicat est que la solution annoncée pour la fin de ce mois d’août repose sur une entreprise qui  « s’engage à tenir les accords interprofessionnels ».


Porc


« Depuis 2007, les marchés nous ont coûté 400 millions d’euros. 50 % des producteurs de porc vont être prochainement dans le rouge ». Le bilan établi par Emile Riou, président de la section porcine, se veut alarmant. « Depuis mi-juin, nous avons perdu 16 ct d’euro, soit 11 000 euros pour un élevage de 250 truies ».


Les producteurs de porc constatent que « les regroupements, appelés de nos vœux, desservent finalement les producteurs. Au printemps, nous étions en confrontation avec la GMS, aujourd’hui c’est identique avec les industriels dont certains outils appartiennent à la profession ».


Reste que les responsables syndicaux ne se méprennent pas sur le fait qu’il s’agit aujourd’hui d’une guerre de bassins de production. « L’Allemagne a décidé de gagner. Outre-Rhin, les politiques soutiennent leur agriculture. C’est moins vrai chez nous ».



Légume


« Catastrophi-que ». Philippe Quillon, président de la section légumes n’a qu’un seul mot pour qualifier la situation « hypertendue que vit la zone légumière ». Et de commenter : « les prix de la production d’été ne sont pas à la hauteur des attentes. En tomates, les situations financières sont très très tendues. Entre autres en raison de la concurrence avec certains pays où la tomate devient un sous-produit de la production d’électricité ». Plus globalement, le responsable syndical dénonce les distorsions en matière de coût de main-d’œuvre.


Dans ce contexte, l’annonce d’une obligation de rembourser 700 millions d’aides « soi-disant indûment perçues » ne fait pas des vagues mais un tsunami en zone légumière. « Il est fondamental que ces aides ont été versées alors que l’ensemble des producteurs perdait de l’argent. Ni les producteurs, les organisations de producteurs n’ont à rembourser cette aide. D’autant que les producteurs français ont toujours dû faire face à des distorsions plus importantes, notamment sur le coût de la main-d’œuvre ».





Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 28 Août au 3 Septembre 2009
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)