
Il y a quelques mois (en septembre 2007), Jean-François Courcoux, agriculteur en production de plants destinés aux pépiniéristes sur Plaintel (22), présentait la mise en place d’essais de miscanthus, également appelée « herbe à éléphants ». Le projet avait le soutien du Conseil général et de l’association Leader. Un soutien financier impliquant notamment de la part de l’exploitant la restitution de résultats.
Rappelons qu’il s’agit d’une culture pérenne implantée pour une vingtaine d’années. Elle présente un bilan écologique et énergétique particulièrement intéressant. Sauf éventuellement un antigerminatif à l’implantation, elle ne nécessite pas de traitement phytosanitaire, ni d’utilisation d’intrants et dispose en outre d’une capacité à absorber le CO2, de l’ordre de 30 tonnes par ha. Les rendements espérés dans les bonnes variétés sont d’environ 20 tonnes de matière sèche à l’hectare par an sur les 20 ans.
Ses utilisations sont multiples dans les filières d’éco-matériaux, comme litière en élevage avec un fort pouvoir absorbant, en paillage de culture, ou dans la production de chaleur (granulés pour chaudière). Jean-François Courcoux explique que « la voie énergie semble aussi s’affirmer de plus en plus pour la production de carburant de deuxième génération (éthanol), avec des performances largement supérieures aux cultures actuelles ».
Mise en garde
Les essais conduits sur 4,5 ha ont porté essentiellement sur 6 variétés de provenances différentes : 2 de Grande-Bretagne, une des Pays-Bas, une d’Autriche, une de Pologne, une d’Allemagne.Ils avaient pour objectifs de constater leur comportement en culture (germination, levée, évolution) et bien évidemment de tester les rendements possibles dans les conditions de la région bretonne.
Plusieurs surprises attendaient le producteur. Il a d’abord constaté que ce n’était pas les variétés les plus coûteuses à l’achat qui se comportaient les mieux. Certaines provenances se sont même montrées comme totalement inintéressantes, « soit parce qu’elles ne se développaient pas (levée difficile) et aboutissaient à des rendements en première année de récolte quasi nuls, soit parce qu’il s’agissait de variétés présentant le défaut de pouvoir se reproduire et disséminer dans la nature ». L’objectif est de n’implanter que des variétés hybrides stériles. Les rendements en première année de ses essais vont de 8,5 tonnes à zéro tonne.
Une variété commercialisée
Le message de Jean-François Courcoux est clair. « Attention aux provenances et aux prix qui peuvent aller de 25 centimes d’euro le bout de rhizome à plus de 1,20 euro avec parfois en outre une interdiction de multiplication ». Il faut implanter 20 000 bouts de rhizome à l’hectare. Le coût n’est donc pas négligeable.
C’est donc en possession de ses résultats que le producteur en accord avec les partenaires a décidé de communiquer, mais aussi de commercialiser l’une des variétés (une variété anglaise, la meilleure en résultats d’essais) pour laquelle il avait à l‘origine acquis les droits de multiplication. « Je vais commercialiser une vingtaine de lots de rhizomes permettant l’implantation de 50 ares également libre de droits pour ceux qui les achèteront. Ils pourront ainsi à terme de 3 ans disposer eux-mêmes de rhizomes pour l’équivalent d’une dizaine d’ha ».
Pierre Dénès
>>>> Repères
Les personnes intéressées peuvent donc s’adresser directement à Jean-François Courcoux au 02 96 32 52 87. Il sera présent à Terre Attitude sur le stand de l’association Leader samedi 28 et dimanche
30 août à Ploeuc sur Lié.
Photo : Jean-François Courcoux et son fils Clément, devant la variété anglaise (meilleur rendement en 1ère année) dont il va commercialiser les lots de rhizomes dans les prochains mois.