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Côtes d'Armor (22)
Conjoncture / La FDSEA fait sa rentrée - « On ira chercher les centimes là où ils sont »
 

La conjoncture économique est catastrophique. Non seulement l’agriculture n’y échappe pas, mais les responsables agricoles ont l’impression qu’elle se retrouve aujourd’hui en première ligne. Difficile de citer une production qui affiche une bonne santé. Le porc est en crise depuis plus de deux ans. Le secteur laitier, après une année 2008 parfois jugée euphorique, a vu s’effondrer son prix, confronter en outre aux difficultés du groupe Entremont Alliance, dont il est aujourd’hui difficile de cerner la solution qui sera retenue et surtout dans quelles conditions. Les légumes sont aussi en proie à des grandes difficultés …


Serrer tous les boulons


Pas question pour autant  pour les responsables de la FDSEA de distiller la litanie de tout ce qui ne va pas. « Nous sommes aujourd’hui en pleine crise économique, avec une surproduction liée à une baisse de consommation mondiale, subissant une concurrence déloyale », explique en substance le président de la FDSEA Jean-Jacques Poézévara. « Et toutes les productions sont concernées, confrontées aux mêmes difficultés ».
Une réunion nationale prévue entre les pouvoirs publics et la profession le 22 septembre doit notamment évoquer l’harmonisation sociale au niveau de l’Europe pour donner un peu plus de compétitivité aux productions françaises. « C’est un problème difficile à régler, car ces distorsions sont pour partie au sein même de l’Union européenne ». Il regrette que l’élargissement européen se soit fait en faisant abstraction de ces dimensions sociales, fiscales …  « Certains agriculteurs européens, notamment à l’Est, du fait des aides PAC, voient leurs revenus progresser fortement. Des entreprises concurrentes des entreprises françaises emploient des salariés dans des conditions sociales totalement décalées par rapport aux nôtres ». La solution passe selon lui soit par une harmonisation, soit par des compensations.
Il cite d’autres distorsions, comme la différence des réglementations sur le transport routier qui permet à certains pays  de circuler avec des 44 tonnes, pendant que la France s’obstine à rester à 38 tonnes.
Dans un contexte de prix bas, le syndicat veut donc accentuer la pression sur les coûts. « On ira chercher les centimes où ils sont », martèle le président. Tout le monde est visé, y compris les partenaires économiques, organisations ou services, invités, eux aussi, à serrer les boulons et à réduire la voilure si nécessaire.


Les politiques appelés à leur responsabilité


La bataille sur les prix n’en est pas pour autant abandonnée. Les marges de la grande distribution restent dans le collimateur. De même, la FDSEA entend maintenir la pression pour retrouver des outils de régulation au niveau européen. Par contre, elle ne cautionne pas la situation actuelle qui voit la France appuyer sur le frein de sa production laitière pendant que d’autres (Belgique, Hollande, Danemark) continuent d’augmenter leur production. « On ne fera pas la maîtrise de la production seule, sinon on continuera à perdre des volumes et des producteurs sans pour autant avoir les prix », explique le secrétaire général Jacques Hello. Ajoutant : « Aujourd’hui on est dans un étau avec l’interdiction de produire plus et des prix qui baissent ».
Le syndicalisme appelle les politiques à prendre leurs responsabilités et à être à la hauteur de leurs engagements. « La sécurité alimentaire ne se fera pas sur le dos des paysans ». Jean Jacques Poézévara est particulièrement remonté contre ceux qui se targuent de ce que la Région résiste mieux à la crise économique grâce à son agriculture et à l’agroalimentaire. « A  quel prix pour les paysans qui voient leur revenu complètement sacrifié ». Il prend l’exemple du producteur de lait avec un peu de cultures de ventes (céréales) en 2009. « 70 euros de moins par tonne de lait, et 50 euros de moins par tonne de céréales, tout cela avec au minimum, les mêmes charges ». Le calcul est vite fait. Pour un quota de 250 000 litres de lait et une dizaine d’hectares de céréales (80 tonnes), cela équivaut à 21500 euros. « Plus que le revenu des années passées ».
Colère aussi après la venue médiatique du Premier ministre à Saint Michel en Grève. « Le message véhiculé est toujours le même », tempête Jacques Hello. « C’est l’élevage et la production porcine qui sont visés, alors que beaucoup d’efforts ont été réalisés ».  Sans nier la part de responsabilité, du monde agricole, il demande que tous les autres acteurs du territoire acceptent la leur, en commençant par les élus. « Que l’on fasse un audit sur toutes les stations d’épuration ». Se déclarant prêt à chercher des solutions. « Pour le moment, on cherche surtout des responsables en se focalisant sur une seule profession ».

Pierre Dénès


 


Photo : Jean Jacques Poézévara, président de la FDSEA entouré par Jacques Hello, secrétaire général, et Chantal Bévillon, secrétaire adjoint.


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Août au 3 Septembre 2009
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