
Dans les régions séchantes, les mélanges céréales-légumineuses, appelés aussi méteil, constituent des ressources fourragères complémentaires permettant d’éviter les conséquences de la sécheresse.
Rendements intéressants
Les cultures d’automne, récoltées en fin de printemps, valorisent l’eau des précipitations généralement non limitantes. Dans ce cadre, la technique d’ensilage de céréales immatures est bien connue, mais l’Inra, les Instituts d’élevage, les Chambres d’agriculture disposent de peu d’essais sur leur valorisation par les vaches laitières. On sait néanmoins que les performances permises sont proches de celles obtenues avec des ensilages d’herbe, et légèrement inférieures à celles obtenues avec le maïs.
Il n’existe pas beaucoup plus de références précises sur les mélanges céréales-légumineuses qui devraient avoir une meilleure valeur protéique, voire énergétique. Ce que l’on sait en revanche, c’est que ce fourrage assure un rendement de 10 à 15 tonnes de MS en sol peu profond.
Des études ont été réalisées sur vaches laitières à la ferme expérimentale des Trinottières (Maine-et-Loire). Dans un des essais, le fourrage alternatif remplaçait 50 % du maïs. La ration du lot témoin avec ensilage de maïs titrait 0,92 UFL, 93 g de PDIN et 89 g de PDIE/kg MS. Celle du lot avec ensilage immature de céréales - légumineuses apportait 0,91 UFL, 94 g de PDIN et 90 g de PDIE/kg de MS. Les deux rations avaient à peu près la même teneur en MS. La plus faible consommation du lot mélange immature est explicable par une coupe plus grossière (4-6 cm) et un avancement plus lent du front de silo. L’appétence a été altérée.
Chercher à améliorer la valeur
La baisse de consommation explique la moindre performance laitière et en matière protéique (moins d’apports énergétiques) et l’augmentation du TB par concentration. Les variations de poids corrigées des variations d’ingestion et d’état d’engraissement sont semblables.
Plus largement, d’autres observations ont constaté des baisses de la consommation dans le cas de remplacement total du maïs par un mélange immature.
Les conditions de récolte et de reprise apparaissent essentielles pour un développement de l’usage de ces mélanges. Le stade de récolte laiteux-pâteux des céréales et une teneur en MS de 30-35 %, accompagnés d’une coupe fine comme pour l’herbe sont à retenir.
Reste que la prévision alimentaire de ces mélanges est souvent basée sur les travaux d’Aufrère et al. (2005) et la méthode Inra (2007) distinguant graminées et légumineuses (luzerne, trèfle violet, RGA-Trèfle blanc). Un travail reste encore à poursuivre pour inclure les données acquises sur mélanges céréales-légumineuses pour mieux prévoir la valeur.
Sur les mélanges utilisés, il apparaît aussi nécessaire de rechercher, par espèce, les variétés qui présentent la meilleure digestibilité ou son maintien dans la période de récolte, en plus des caractéristiques demandées par l’association. Ainsi, par exemple, le choix de variétés de pois à tige courte permettrait de limiter ou retarder la verse de la culture. Dans une association blé-pois, des chercheurs ont trouvé une amélioration de l’ingestion et de la production avec de telles variétés.
Didier Le Du
Photo : Des travaux complémentaires sont nécessaires pour mieux approcher la valeur alimentaire des mélanges céréales-légumineuses.
Les sorghos
Les sorghos sucriers apparaissent comme une alternative prometteuse dont il faut mieux cerner les potentialités et les conditions de valorisation (ration mixte ou fourrage unique). Il faudrait aussi améliorer la prévision de la valeur nutritionnelle des sorghos sucriers.
Cela dit, les sorghos sont plus souples que le maïs vis-à-vis du manque d’eau. Les travaux ont montré que le sorgho grain se rapproche d’un maïs fourrage et qu’en condition de sécheresse, son rendement est concurrentiel de celui d’un maïs. Les sorghos sucriers pourraient quant à eux apporter une biomasse sur laquelle l’information est actuellement assez limitée.