Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°9785 |
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Conjoncture porcine / La morosité domine - Le baromètre est loin d’être au beau fixe
 

L’embellie sur les cours du porc constatée en juin avait vu le prix prendre un peu de hauteur pour atteindre 1,35 euro tout début juillet, en progression régulière (+ 15 centimes entre le 8 juin et le 2 juillet).  Brutalement stoppée,  les baisses successives l’ont ramené autour de 1,20. D’autant plus surprenant que les chiffres d’Uniporc Ouest sur juillet montrent une baisse de la production régionale de 2%.
Les explications : le manque de soleil en juillet mais surtout la crise économique mondiale qui plombe les échanges. Tous les bassins de production européens, hormis l’Espagne qui profite de la période estivale, connaissent la même tendance. Les exportateurs ont vu leurs débouchés se réduire, notamment vers l’Est. Par ailleurs, il a été difficile d’obtenir les garanties financières pour des marchés considérés trop risqués. La Commission européenne s’est quant à elle obstinée dans son refus de venir en aide à la filière par des restitutions.
La situation ne semble guère plus glorieuse sur les autres marchés mondiaux, USA, Canada, Brésil. Ainsi, dans ses dernières notes d’analyse, le MPB évoquait  la situation des USA dont le cours est en repli de 11 %, ceci malgré un recul de la production de 4%. Soulignant par ailleurs que ces dernières semaines face à des  cours européens compris entre 1,35 € et 1,50 € selon les pays, le cours des  U.S. A. ramené en €/carcasse, est de 0,77 €, le cours canadien à 0,68 € et le cours brésilien à 1,20 €. C’est dire si la concurrence sur les marchés mondiaux est déséquilibrée.


Incertitude après la rentrée !


Régionalement, les éleveurs et leurs responsables sont quelque peu désabusés. La restructuration des outils se traduit par une concentration. Depuis plusieurs mois, ils n’arrivent pas à imposer un véritable rapport de force face aux abatteurs. Tout juste, quelques opérations comme l’export en vif permettent ponctuellement de limiter les baisses. Il est cependant permis de douter qu’il s’agisse d’une stratégie d’avenir, car cela voudrait dire qu’il est plus intéressant de faire tourner des outils industriels dans d’autres pays européens que ceux de la région.  Dans l’immédiat, compte tenu des distorsions sociales, peut-être, mais sur le long terme probablement pas. Sinon, toute la filière a réellement beaucoup de soucis à se faire.
La rentrée pourrait dynamiser un peu le commerce et provoquer quelques hausses. Mais l’embellie risque d’être de courte durée, car sur le plan social la crise économique et la psychose de la grippe A, si elle était avérée, pourraient de nouveau avoir une influence négative sur la consommation et les échanges.

Pierre Dénès



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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Août 2009
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