Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°9776 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Finistère (29)
FESTIVITÉS / Le dimanche 23 août - La fête du maërl à Plougastel-Daoulas
 

War douar ha war vor" (sur terre et sur mer). La devise de Plougastel traduit bien l'esprit de la fête du maërl qui se déroulera au port de Pont-Callec, le dimanche 23 août. "Le débarquement du maërl dans les petits ports de la rade de Brest était l'occasion pour les agriculteurs et les pêcheurs de se rencontrer. Dans beaucoup de familles, on était à la fois marin-pêcheur, l'hiver et paysan l'été", explique Louis Rolland.


Chauler les terres


Le maërl est un dépôt littoral, à quelques mètres de profondeur, constitué de débris d'algues marines imprégnées de calcaire. Il a rendu bien des services à l'agriculture de la presqu'île car les terres étaient pauvres et acides. "En l'absence d'engrais, le maërl, le goémon et le fumier étaient les seules solutions pour améliorer la qualité du sol dans les champs de betteraves et de fraises".
Le dragage dans la rade de Brest était réalisé au printemps pour chauler les terres. Un bateau contenait 5 à 6 tombereaux. Les paysans commandaient en début de saison avec souvent un fournisseur attitré. L'arrivée était tout un cérémonial. Le bateau comportait 4 à 5 hommes d'équipage. Après avoir dragué la rade, il profitait de la marée montante pour accéder au port.


Un chantier organisé


"En attendant que les eaux permettent l'accostage, l'un des matelots descendait à terre pour prévenir que l'arrivée du maërl était proche", souligne Dominique Le Du. "Il revenait les bras chargés de victuailles car l'équipage devait ensuite s'atteler au débarquement". Et le temps était compté. En moins de 2 heures, les marins devaient prendre le maërl à la fourche pour le mettre sur le pont avant de le jeter sur le môle.
Du côté des paysans, l'entraide familiale devait aussi s'organiser car il fallait vite débarrasser la cale pour laisser la place aux autres bateaux. "Cette tradition s'est terminée vers les années 1965 avec l'apparition des engrais chimiques et la mutation de l'agriculture (culture sous abris, paillage…). Les analyses ont également montré que les sols étaient largement pourvus en amendements", précise Louis Rolland.


5ème édition de la fête


En 1994, quelques personnes ont voulu faire revivre cette tradition du maërl. Après quelques travaux de réfection de la cale et d'aménagement du site, ils ont organisé une première fête qui a permis les rencontres et les échanges entre marins et paysans. Tous les 4 ans, ils se remettent au travail.
La 5ème édition aura lieu le 23 août prochain. "Une vingtaine de bateaux vont remonter l'anse de Moulin neuf et la cale de Pont-Callec va s'animer", déclare Dominique Le Du. "Cette fête est ouverte à tous gratuitement. Lors de la précédente édition, entre 8 000 et 10 000 spectateurs y ont participé". Au-delà des traditions, cette fête rassemble les bénévoles de tous milieux, qui n'ont pas l'habitude ou le temps de se côtoyer durant l'année. C'est un grand brassage de générations et d'échange d'expériences.


Patrick Bégos



Photo : Le maërl dragué dans la rade de Brest servait d'amendement calcaire sur les terres destinées à la production de betteraves puis de fraises.

 



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Août 2009
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)