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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°9771 |
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Lait / La Confédération Paysanne monte au créneau - Une baisse immédiate du quota exigée
 

5% de quota en moins. Et tout de suite". Les responsables du syndicat n'en démordent pas. "Les outils existent et permettent de le faire". Réajuster l'offre de produits laitiers à la demande en abaissant le volume de lait collecté sur cette campagne. Le souhait du syndicat va à l'encontre des préconisations de Madame Fisher-Boël, Commissaire européen à l'Agriculture. "Sa politique libérale est à contre-courant du bon sens économique. Elle est incapable de gérer la crise laitière", s'insurge Jean Cabaret, porte-parole du syndicat. "Nous demandons sa démission!".
Une faible variation de l'offre de lait induit une forte variation des prix. Dans les pays développés, la demande de produits laitiers n'est pas élastique. La baisse (ou la hausse) des prix n'a que peu d'effets sur la consommation. Autre effet pernicieux: lorsque le prix payé au producteur augmente, la réponse est une hausse immédiate de la production (comme en début 2008). L'inverse n'est pas vrai. Quand ce prix baisse, la production reste stable. Les producteurs doivent couvrir leurs frais fixes et rognent sur leurs prélèvements privés. La crise de surproduction peut durer jusqu'au moment où, faute de renouvellement des infrastructures, la production en déclin ne satisfait plus la demande. Un mécanisme économique sur lequel s'appuie le syndicat pour exiger la régulation de l'offre.


Bilan des quotas


La Confédération Paysanne veut faire pression sur les députés européens avant l'intervention de la commissaire, le 1er septembre prochain, au Parlement, à Strasbourg. La colère des syndicalistes est d'autant plus importante que le bilan coût/avantage des quotas laitiers, voués à disparaître, n'a jamais été réalisé. "La politique alimentaire européenne ne peut pas être régulée par la seule loi du marché. Les agriculteurs ont la mission d'utilité publique de nourrir 400 millions de concitoyens", poursuit le porte-parole.


Grève du lait


En accord avec l'APLI et l'EMB (European Milk Board) sur la nécessité de maîtriser la production, les responsables du syndicat n'inciteront pourtant pas les adhérents à s'engager dans une grève du lait, préconisée par les producteurs indépendants. "Nous prendrons acte des décisions individuelles de faire grève. Nous accompagnerons la démarche en durcissant les moyens de pression politique. Nos élus doivent se rebeller", déclare Jean Marc Thomas.
Concernant la problématique Entremont Alliance, le syndicat déplore l'attitude de l'association de défense des producteurs. "Cette association, téléguidée par le syndicat majoritaire, et fermée aux producteurs des autres syndicats, sert d'étouffoir aux revendications des producteurs. C'est une manière pour l'entreprise et les pouvoirs publics d'acheter la paix sociale". Un syndicat majoritaire, toujours accusé d'avoir signé l'accord du 3 juin. "Une trahison. Une baisse du prix pouvait être acceptable mais surtout pas sans contre partie sur la gestion du marché".

Bernard Laurent


Photo : Les responsables régionaux de la Confédération Paysanne se sont réunis chez Serge Choupeaux, producteur de lait à La Prenessaye (22). De gauche à droite: Vincent Pennobert, Jean Cabaret, Jean Marc Thomas, Serge Choupeaux et Éric Duverger.


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Août 2009
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